13 Août 2017

Afrique: Migrants - Plusieurs ONG suspendent leurs activités en Méditerranée

Les principales Organisations humanitaires non gouvernementales suspendent leurs opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée. La marine libyenne a annoncé jeudi 10 août la création d'une zone de recherche et de sauvetage au large de ses côtes, interdite sauf autorisation aux navires étrangers et en particulier aux ONG qui patrouillent pour secourir les migrants. Après Médecins sans frontières et Save the Children, l'organisation humanitaire allemande Sea Eye a également décidé ce dimanche 13 août de garder ses navires au port, la sécurité de ses équipes n'étant plus garantie.

Ce dimanche 13 août, l'ONG allemande Sea Eye a annoncé la suspension de ses opérations de secours pour les réfugiés qui tentent de traverser en Méditerranée, après l'interdiction de navigation mise en place par la marine libyenne à l'encontre des navires étrangers sur une partie de ses côtes.

Depuis la mise en place de cette zone maritime de recherche et de sauvetage par la Libye, les ONG sont contraintes les unes après les autres de repenser leur présence en méditerranée.

Médecins sans Frontière a annoncé dès jeudi 10 août la suspension des activités de Prudence, son plus gros navire, même si l'organisation continue d'assurer la logistique et l'assurance sanitaire sur l'Aquarius - cogéré avec SOS Méditerranée.

L'ONG Britannique Save the Children a détourné son principal le lendemain, sans donner d'explications dans l'immédiat et annoncé officiellement son retrait ce dimanche. Seule l'ONG espagnole Proactiva open arms, dont les deux bateaux se trouvaient dimanche à Malte, a assuré vouloir reprendre ses opérations dès ce lundi

« La sécurité n'est plus garantie »

Hans Peter Buschheuer, porte-parole et cofondateur de l'organisation Sea Eye explique avoir à son tour pris cette décision, « le cœur lourd ».

L'ONG y a été contrainte car « la sécurité de nos équipes n'est plus garantie en raison des menaces du gouvernement libyen qui dit vouloir étendre la zone qu'il contrôle devant ses côtes sans pour autant en définir les contours ». Cette absence de prévision rend le travail des structures d'aide aux migrants en mer « imprévisible ».

En 2016, « l'un de nos navires a déjà subi un acte de violence de la part des Libyens. Ils ont abordé l'un de nos vedettes.

Deux de nos membres ont été incarcérés pendant quatre jours avant d'être libérés. Et puis n'oublions pas que cette année les Libyens ont déjà tiré à plusieurs reprises sur des bateaux de migrants mais aussi sur des navires d'ONG » rappelle Hans Peter Buschheuer.

« Un vide mortel »

Il craint aujourd'hui que, en suspendant leurs opérations de secours, les ONG laissent derrière elles « un vide mortel ».

« Quand des êtres humains fuient en traversant la mer et qu'ils arrivent à atteindre la haute mer, ils seront désormais perdus parce qu'il n'y aura plus personne pour les secourir » poursuit-il, amer.

Une conviction partagée par le directeur des opérations de Save the Children, Rob MacGillivray : « les embarcations de migrants vont être obligées de retourner en Libye et beaucoup d'enfants et d'adolescents vont mourir en mer ».

Pire, « actuellement les réfugiés sont refoulés par les gardes côte libyens et par les Italiens - qui leur apportent leur aide avec des fonds européens et donc l'argent des contribuables - vers la Libye. Alors qu'en Libye, entre 300 et 500 000 réfugiés survivent dans des conditions inimaginables », d'après Hans Peter Buschheuer.

Il rapporte que « le ministère allemand des Affaires étrangères a même parlé de conditions semblables aux camps de concentration. Des arrestations arbitraires, des prisons illégales, du travail forcé, des femmes qui sont obligées de se prostituer.

Des femmes enceintes que nous avons secourues nous ont raconté à mainte reprises que les bébés qu'elles attendaient n'étaient pas de leurs maris mais issus de viols. La situation des droits de l'homme est catastrophique ».

L'Italie satisfaite

A ses yeux, l'Union européenne est en train de commettre une erreur impardonnable en voulant s'appuyer sur la Libye pour résoudre le problème migratoire.

Il dénonce « un régime qui s'appuie sur des bandes et des structures criminelles. Tout cela à cause des campagnes électorales dans trois pays européens. Les populistes y exigent de limiter au maximum l'arrivée des réfugiés. Et les gouvernement suivent ».

L'Italie s'est quant à elle félicitée de la moindre présence des ONG en Méditerranée parlant d'un « rééquilibrage en cours pour réduire les départs de migrants ».

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