13 Août 2017

Congo-Kinshasa: Reconnaissance des pionniers de l'indépendance / Bruno Bukasa - "Le Gouvernement en perdition coupable"

"Un peuple sans mémoire de son passé est sans avenir ", dit un adage. C'est ainsi que des proches de Bruno Bukasa, un des congolais ayant pris part aux discussions de la table ronde de Bruxelles en 1960 et participé activement à l'envol du Congo dès son indépendance, crie à la perdition du Gouvernement actuel qui, à les en croire, le met carrément en quarantaine.

Cette plainte a été exprimée dans une circulaire livrée à la presse. Pour les auteurs de cette interpellation, tous les pionniers de l'indépendance constituent une bibliothèque humaine à laquelle devait recourir le pays chaque fois qu'il en avait besoin.

Leur disparition, mieux le manque de reconnaissance à leur endroit est ni plus, ni moins qu'une grande perte pour la République, insistent-ils. Mais qui est réellement Bruno Bukasa ? Qu'en est-il de ce dossier ? Veuillez vous en imprégnez en lisant le texte ci-dessous.

Le Gouvernement en perdition coupable

Lassé de vivre désespérément sous le joug colonial belge, le peuple congolais s'est levé peu avant 1960 pour réclamer son indépendance. Des actions parfois violentes sont posées et des discours aux allures amicales sont prononcés.

Il en a résulté la convocation, du 21 janvier 1960, à Bruxelles, par le Roi Baudouin 1er , des assises de la table ronde politique Belgo-congolaise.

Environ 94 acteurs politiques congolais y ont pris part. Il s'agit entre autre de Joseph Kasa-Vubu, de Patrice Emery Lumumba, d'Albert Kalonji, de Bruno Bukasa Mbamvu-Sebanjila, Sébastien Ikolo, Ingulu Mbayi Kapong, Biswikoro, etc...

C'est donc à la suite de cette table ronde politique et des actions menées que la Belgique a lâché prise en proclamant le 30 juin 1960 l'indépendance du pays.

Mais ces congolais, qui ont risqué de leur vie pour une cause nationale, leur parcours politique n'a nullement été reluisant sur toute la ligne. Pour cause, certains d'entre eux ont connu sur leur chemin, des invectives, des arrestations, des assassinats, des relégations, d'exils, des mises en quarantaine politique.

C'est le cas par exemple de Patrice Emery Lumumba, assassiné dans des conditions les plus mystérieuses ; et de Bruno Bukasa politiquement mis en quarantaine. Voilà comment le gouvernement est en perdition coupable.

Mais l'histoire retiendra que tous ces pionniers de l'indépendance constituent une bibliothèque humaine à laquelle devait recourir le pays chaque fois qu'il en avait besoin. Leur disparition, mieux le manque de reconnaissance à leur endroit est ni plus, ni moins qu'une grande perte pour la République.

Aujourd'hui, le peuple se demande ce que ses dirigeants ont fait de ces pionniers, ou de ce qu'ils comptent faire pour eux. Car, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Le mal, c'est de persévérer dans l'erreur.

Et surtout que la République compte encore à ce jour un pionnier vivant, en la personne de Bruno Bukasa, une bibliothèque vivante dont le pays a énormément besoin pour sucer le savoir et le savoir-faire.

Né à Tshidianga, le 10 octobre 1930, Bruno Bukasa a fait ses études secondaires à l'école des moniteurs de Tshilomba St Jacques (Tielen).

Au fil du temps, il poursuivra ses études Supérieures au centre Interdisciplinaire pour le Développement et l'Education Permanente (CIDEP), où il décrochera avec distinction un diplôme de graduat. Il bouchera avec sa formation universitaire à Lovanium, où obtiendra une Licence en droit, option droit privé et judiciaire.

Vers les années 53 à 57, il va s'engager dans la vie professionnelle active comme commis à la Banque Commerciale de Kinshasa (Lubumbashi).

Déjà dans les arènes politiques au sein de Mouvement National Congolais Lumumbiste (MNC/L), il participera aux assises de la Table-ronde politique belgo/Congolaise, à Bruxelles, convoquée par sa majesté le Roi Baudouin 1er, du 21 janvier au 20 février 1960.

Plus tard vers les années 60 à 65, il sera élu conseiller provincial et premier vice-président à l'Assemblée Provinciale du Kasaï, à Luluabourg. De 1965 à 1970, il sera tour à tour élu Député national et Directeur national du MPR, chargé de la propagande et de la mobilisation du parti.

De 1970 à 1975 et 1970 à 1977, il sera successivement élu commissaire du peuple. Vers les années 82 à 87, il sera élu conseiller provincial et 1er Vice-président de l'Assemblée régionale du Kasaï-Oriental, à Mbuji-Mayi.

De 1986 à 1990, il sera nommé Membre du comité central du MPR, parti-Etat. De 1991 à 1992, l'homme sera délégué par l'Eglise Apostolique Africaine au Congo (EAAC) pour prendre part aux assises de la conférence nationale souveraine.

De 1999 à ce jour, il devient président national d'un parti politique dont il est le fondateur, « le Mouvement de la Libération des Consciences ». Mais bien avant, il fut nommé, par décret présidentiel du 22 octobre 1997, personnalité historique.

Depuis juin 2003 jusqu'à ce jour, il est avocat au barreau près de la Cour d'Appel de Mbandaka.

Comme on peut s'en rendre compte, le gouvernement n'a rien à perdre en reconnaissant ce digne fils dont l'expérience et l'expertise sont de loin inestimables. Apprenons donc à mieux faire chaque fois que nous en avons la possibilité, car l'histoire nous jugera.

Congo-Kinshasa

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