15 Août 2017

Congo-Brazzaville: Village Nzassi, paradis des Maboké, spécialité culinaire locale

La gastronomie congolaise, selon les départements, regorge en son sein d'une diversité de recettes qui font de l'art culinaire congolais un régal. Parmi ces spécialités culinaires congolaises, l'on retrouve le liboké ou Mabokés, plat réalisé à la base du poisson frais, dans le département du Kouilou, en particulier, qui fait les merveilles des papilles.

Sur la route nationale qui mène à la frontière terrestre entre la République du Congo et l'Angola, Tchiamba-Nzassi village frontalier avec le Cabinda constitue un attrait pour plusieurs visiteurs et touristes en quête de la spécialités locales. Ici ils peuvent goûter aux Maboké, des poissons frais cuits à l'étouffée sur le charbon avec de la sauce pimentée, emballés dans les feuilles de bananiers.

Ici, au marché Maboké situé après le pont de la Louemé et réputé pour ses Maboké comme l'indique son nom, la préparation de ces plats des poissons frais se trouve être l'activité principale des femmes du village. Une bonne partie de l'économie du village Nzassi et localités voisines est liée à la commercialisation de cette recette locale.

Le liboké au singulier et Maboké au pluriel se prépare dans de feuilles de bananier mise à la cuisson sur un grill au-dessus d'un feu. Ce système de cuisson a vu le jour le long du fleuve Congo et dans la vallée du Niari. Et est devenu aujourd'hui presqu'un emblème de la culture culinaire congolaise.

Outre le poisson, le piment, la tomate fraîche et l'oignon constituent les ingrédients principaux de cette recette telle que nous en parle une vendeuse :

« Jadis, nos mères utilisaient du feu de bois pour avoir la braise, et c'est sur çà qu'elles cuisaient leurs Maboké. Il y a des moments où nous faisons comme elles en utilisant le feu de bois, mais parfois on utilise directement le charbon pour cuire le plat, mais le reste des ingrédients reste inchangé » explique une vendeuse des Mabokés.

Un savoir-faire qu'elle a appris de sa mère qui le lui montrait en lui répétant que cela lui servirait un jour.

Christelle vit de ce commerce et nourrit sa famille avec, même si de plus en plus, la clientèle se fait rare. Une situation due à la crise économique que connaît le Congo, de suite de la chute du prix du baril de pétrole dans le monde. Désormais, tout est cher : les poissons et les ingrédients, et même la clientèle qui se fait prier pour acheter des Maboké.

Chaque week-end, des familles entières en quête de l'air pur de la campagne et du bio se retrouvent dans cette localité pour en tirer profit.

Garence Mpindi, est l'un d'entre eux. Avec un ami assis autour d'une table, il ne s'est pas empêché de vanter ce plat :

« Nous sommes venus ici car nous avons voulu manger du bio aujourd'hui, et c'est le meilleur de Pointe-Noire où l'on peut manger du poisson frais tel que nos ancêtres le préparaient, et c'est ça qui me plait ici. »

Pour les plus traditionalistes, le plat est servi même dans les feuilles qui ont servi de cuisson, une manière de se souvenir du temps ancien selon eux.

Un plat de Maboké est vendu à 1000 CFA, soit 2 US Dollars et pour y trouver son compte, chacune des vendeuses installées sur ce site peut parvenir à en vendre une cinquantaine pour une journée dominicale.

De nos jours, la préparation des Maboké dans les maisons a tendance à se moderniser, en lieu et place des feuilles de bananiers, certaines n'hésitent pas à utiliser du papier en aluminium, et à cuire le plat au four, ce qui altère la saveur de ce dernier après cuisson.

Certaines revisitent même ce plat en y ajoutant certains autres ingrédients comme des pigeons verts, ou encore de la graine de courge. Pour les autres, la viande peut aussi remplacer le poisson dans cette préparation. Cepedant, en général, le poisson reste la matière première de cette recette très prisée par les locaux et les touristes qui y goûtent.

Ce plat des Mabokés des poissons s'accompagne en général du manioc appelé Chikwangwe, comparable au pain sous d'autres cieux et considéré comme l'aliment de base dans la cuisine congolaise. Ce dernier s'obtient après un long travail sur les tubercules de manioc. La pâte obtenue est ensuite enroulée dans des feuilles de bananier avant d'être cuite.

Situé à près d'une quarantaine de Km de Pointe-Noire, Nzassi figure parmi les sites à visiter si vous êtes en séjour ou de passage dans la ville et que vous tenez à goûter aux Mabokés cuits selon la tradition ancestrale.

Congo-Brazzaville

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