15 Août 2017

Burkina Faso: A l'hôpital Yalgado, des blessés et beaucoup de traumatisés

Photo: Sidwaya
Les corps des victimes de l'attaque terroriste du café istamboul

Une bonne partie des victimes de l'attaque de dimanche soir qui a frappé un café-restaurant de Ouagadougou ont été acheminées au CHU Yalgado Ouédraogo. L'hôpital central de la capitale burkinabè a pu prendre en charge ces hommes et ces femmes blessés et traumatisés, comme les familles qui ont vécu dans l'inquiétude de retrouver les leurs sains et saufs.

A l'hôpital Yalgado Ouédraogo, il ne restait plus que quelques victimes lundi après-midi : un gendarme blessé au bras dans les affrontements au café-restaurant Aziz-Istanbul, quelques patients en chirurgie orthopédique et un en neurochirurgie.

Dimanche soir, il a fallu prendre en charge beaucoup de victimes ou de familles traumatisées par la violence et la cruauté de l'attaque.

Une cellule psychologique a été mise en place pour apaiser les victimes directes mais aussi pour accompagner ceux qui ont été témoins ou traumatisés par ce massacre.

« Il y a ceux qui ont pu en se sauvant observer la scène. C'était choquant pour eux, ils étaient effondrés en larmes, explique Clément Lankouandé, psychologue au CHU de Ouagadougou, qui rapporte avoir reçu différents types de rescapés et de récits. La plupart de ceux qu'on a reçus n'ont pas exprimé de colère, c'était des vécus émotionnels liés à l'intensité des tirs, avec le bruit qui résonnait dans les oreilles. » Avec, raconte-t-il aussi, des interrogations du genre : « Comment des êtres humains peuvent-t-il tirer sur des gens ? »

« La cellule, poursuit-il, leur permet de mettre des mots sur ce qu'ils ont vécu, de pouvoir exprimer ces aspects émotionnels pour se représenter la réalité et la possibilité d'utiliser les ressources et les capacités dont ils disposent pour pouvoir faire face. »

Une balle dans le crâne

Un peu plus loin, en neurochirurgie, on croise une famille qui veille Ismaël, un jeune 26 ans qui faisait la fête au restaurant Istanbul. Il a eu beaucoup de chance, explique le chirurgien qui devait l'opérer dans la nuit : la balle qui l'a touché au crâne va pouvoir être extraite.

Adesina, son grand frère, veille sur Ismael. « Il était à un anniversaire au restaurant Istanbul. Il a reçu deux balles, l'une dans la tête, l'une au bras. Ils vont l'opérer pour les lui enlever. »

Abdoulaye Yameogo, parent du jeune Ismaël, est en colère.

Peut-être que la majorité des gens qui sont morts là-bas sont des musulmans, donc ce n'est pas une guerre de religions, il faut que les gens s'enlèvent ça de la tête. Ce sont des gens qui ont choisi de tuer un maximum de personnes.

Ismaël devrait donc s'en sortir, assure son chirurgien. Ici, à l'hôpital Yalgado Ouédraogo, on a recueilli 25 victimes dont quatre sont mortes malgré les soins prodigués.

Deux numéros de téléphone ont été mis à la disposition des Burkinabè qui veulent bénéficier d'un soutien psychologique : 226 60 37 01 37 et 226 60 37 01 08.

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