14 Août 2017

Libye: Le maréchal Haftar toujours soutenu par Moscou

Le maréchal libyen, Khalifa Haftar, a été reçu, ce lundi 14 août, à Moscou, par le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, ainsi que par le ministre russe de la Défense, Serguei Choïgou. Lors de cette visite, le maréchal Haftar a clairement exposé son projet pour la Libye. Moscou, tout en maintenant de bonnes relations avec les différents partis libyens, continue de soutenir les efforts du maréchal Haftar pour lutter contre le terrorisme.

A l'issue de son entretien avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le maréchal Haftar n'a pas caché qu'il avait évoqué la question d'une aide militaire russe.

« Nous sommes convaincus que la Russie reste notre amie proche et ne nous refusera pas son aide », a déclaré l'homme fort de la Libye, expliquant que son armée avait libéré « 90% du territoire libyen », en dépit de l'embargo onusien sur les armes.

Pour l'instant, officiellement la Russie se tient au respect de cet embargo. Pour la diplomatie russe, c'est l'ONU qui doit être au centre du processus de réconciliation, en Libye. « Il nous semble qu'actuellement sur le front politique, il est très important de concentrer tous les efforts de médiation autour de l'Onu », a déclaré Sergueï Lavrov.

Le ministre russe des Affaires étrangères ne s'est pas prononcé sur le plan de sortie de crise adopté à Paris lors de la rencontre, fin juillet, entre Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj, initiée par le président français.

« Nous connaissons les efforts que vous entreprenez avec le chef du Gouvernement de réconciliation nationale, Sarraj, qui visent à créer les conditions optimales et acceptables, par tous, pour la réalisation de l'accord politique de Skhirat », a-t-il souligné.

Ghassam Salamé, le nouveau représentant spécial de l'ONU pour la Libye, doit se rendre à Moscou, très prochainement, après sa visite, actuellement en Egypte.

Vives critiques du maréchal Haftar à l'encontre de Fayez al-Sarraj

Le maréchal Khalifa Haftar cherche de plus en plus à apparaitre comme l'homme providentiel avec qui l'occident doit traiter, en Libye. Pour convaincre, il rajoute au solde de la guerre qu'il mène contre le terrorisme, un combat qu'il pourra mener contre l'immigration clandestine. Ses déclarations laissent entendre que l'accord de Paris fait désormais partie du passé.

« De même que nous avons libéré Benghazi, après trois ans de combats, nous sommes résolus à continuer la guerre contre le terrorisme jusqu'à libérer la totalité du pays pour installer la paix et la stabilité en Libye », a déclaré l'homme fort de l'est libyen, à l'heure où il se prépare à un nouveau combat contre les extrémistes de Darna, ville située à l'est du pays, aujourd'hui encerclée par ses forces.

Ne cachant plus ses intentions d'étendre son pouvoir sur toute la géographie libyenne, il rappelle sa forte position militaire dans le pays, à savoir le contrôle des champs pétroliers et celui des plus importantes bases militaires de la Libye.

A Moscou comme à Paris, Khalifa Haftar a réclamé des armes pour son armée, alors que le pays est toujours sous embargo sur les armes. C'est aussi à Moscou qu'il a adressé les critiques les plus virulentes contre son frère-ennemi, Fayez al-Sarraj, président du Conseil présidentiel. Il l'accuse de ne pas respecter « les principes » des accords d'Abou Dabi puis ceux de Paris où les deux hommes se sont rencontrés, en juillet dernier.

Rappelons que quelques heures après la rencontre de Paris, Fayez al-Sarraj donne l'autorisation à l'Italie pour une intervention militaire en Libye, alors que le maréchal menace de viser les navires italiens dans les eaux libyennes. Ce développement était l'occasion d'une nouvelle divergence entre les deux hommes et a surtout dynamité l'accord de Paris qui n'était pas accepté par Rome.

Ainsi, Khalifa Haftar semble abandonner l'accord de Paris, tout en jetant la responsabilité sur Fayez al-Sarraj. Il continue de souffler le chaud et le froid. Dans des déclarations faites à la presse italienne, avant son départ pour Moscou, il propose des plans pour lutter contre l'immigration clandestine dans le sud libyen.

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