16 Août 2017

Burkina Faso: Attaque Aziz Istanbul - Le gouvernement fait le point

Le gouvernement a rencontré, dans la soirée du mardi 15 août 2017, à Ouagadougou, les parents des victimes de l'attaque du café-restaurant Aziz Istanbul, sur l'avenue Kwamé N'krumah. Il s'est agi de faire le point de la gestion de la crise.

Depuis le dimanche 13 août 2017, le Burkina Faso est consterné par l'attaque du café-restaurant Aziz Istanbul sur l'avenue Kwame N'krumah. Depuis lors, le gouvernement s'est attelé à la gestion de cette crise. C'est pour faire le point de cette gestion que l'exécutif, conduit par le ministre d'Etat, ministre de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré et de huit de ses homologues, a rencontré, dans la soirée du mardi 15 août 2017, à Ouagadougou, les parents des victimes.

Pour les échanges, le ministre Compaoré était entouré du maire de la commune de Ouagadougou, Armand Roland Pierre Béouindé, du Directeur général (DG) du Centre hospitalier universitaire Yalgado- Ouédraogo (CHU/YO), Dr Bibia Robert Sangaré, du premier substitut du Procureur du Faso, Arouna Yoda et d'un membre du comité de crise, le Colonel Sibiri Coulibaly.

Pendant près de deux heures, ils ont, entre autres, fait le bilan de l'attaque et donné des informations sur les procédures en cours, notamment celle d'identification et d'enlèvement des corps. Selon le colonel Sibiri Coulibaly, le bilan actuel fait état de dix-huit corps identifiés, une vingtaine de blessés dont 4 gendarmes et 1 policier et 29 otages qui ont pu être libérés. On compte parmi les victimes, un blessé grave en ‘'situation stationnaire" eu égard à une balle qui a atteint ses poumons.

Pour le premier substitut du Procureur du Faso, les dix-huit corps se trouvent actuellement à la morgue de l'Hôpital du district du secteur n°30 de Ouagadougou, composés de neuf Burkinabè, de deux Koweïtiens, d'un Algéro-canadien, d'un Sénégalo-libanais, d'une Canadienne, d'un Français, d'une Nigériane, d'un Turc et d'un Libanais. Il a expliqué que le processus d'identification continuerait si d'autres victimes viendraient à être signalées.

Pour ce qui est de la levée des corps, principale préoccupation des parents des victimes, le gouvernement a été clair : «Les corps ne peuvent pas être levés sans l'application des procédures notamment judiciaires». C'est pourquoi, le premier substitut du Procureur du Faso a déclaré que les corps des victimes identifiées sont ‘'entre les mains" de la Procureure du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, Maïza Sérémé. Elle veille, a-t-il précisé, à ce que le médecin légiste, entouré de ses collaborateurs, examine tous les corps en vue d'établir un certificat de décès et remettre aux familles.

A ce propos, une commission a été mise en place en collaboration avec l'état civil de la mairie centrale, en vue de délivrer les actes de décès aux parents et leur permettre ainsi de disposer des corps. Par rapport à cette procédure, le ministre de la Sécurité intérieure a assuré qu'il n'y aura aucun obstacle pour ceux qui veulent enlever les corps de leurs parents avec l'aide de l'administration.

Prise en charge gratuite des blessés

Concernant le processus d'identification, Simon Compaoré a soutenu que neuf corps avaient déjà été examinés par le médecin légiste et la fin de l'examen des corps est prévue pour le jeudi 17 août 2017. Les corps des victimes étrangères vont être rapatriés dès la fin de l'identification, a indiqué la ministre déléguée auprès du ministre en charge des affaires étrangères, Rita Solange Agneketom/ Bogoré.

S'agissant des blessés, le ministre de la Sécurité intérieure a rappelé que des instructions ont été données au DG du CHU/YO pour les prendre en charge gratuitement. Les blessés qui ont rejoint leur domicile peuvent se rendre à l'hôpital pour recevoir des soins appropriés, a laissé entendre Simon Compaoré. Du reste, le DG du CHU/YO a informé de la mise en place d'une cellule d'assistance psychologique à l'Hôpital Yalgado- Ouédraogo pour permettre aux blessés et à leur entourage de supporter le traumatisme issu de l'attaque.

Toujours par rapport aux informations données aux parents des victimes, il ressort que tous les engins (à deux et quatre roues), au lieu du drame, ont été enlevés par la police judiciaire et conduits à la gendarmerie de Paspanga. Les propriétaires peuvent s'y présenter pour rentrer en possession de leur bien. Toutefois, comment le gouvernement compte faire pour arrêter les commanditaires de l'attaque ? Face à cette question des parents des victimes, Simon Compaoré a rassuré que des enquêtes sont en cours pour mettre fin à leur course. Il a profité de l'occasion pour leur traduire l'accompagnement du gouvernement.

Le ministre Compaoré a également salué le courage et la dextérité des Forces de défense et de sécurité qui ont permis de sauver une quarantaine de personnes. ‘'La solidarité agissante" des médecins n'a pas été non plus oubliée par le chef du département de la sécurité qui a, par ailleurs, traduit le soutien des autres pays africains et occidentaux au Burkina Faso. «Nous sommes soutenus par le monde entier dans notre tristesse et nous pouvons continuer notre lutte», a-t-il affirmé.

Quant aux familles des victimes, après avoir, séance tenante, apporté des correctifs aux noms de leurs parents décédés, elles ont été invitées, pour plus de précisions, à se présenter devant le comité de crise, munies des documents officiels des défunts. Une cérémonie d'hommage national est prévue pour saluer la mémoire des disparus. Avant le début des échanges, une minute de silence a été observée en leur honneur.

Burkina Faso

Le Burkina Faso qualifie la lutte contre le terrorisme de priorité nationale

Le Burkina Faso a qualifié jeudi la lutte contre le terrorisme de « priorité nationale » et a… Plus »

Copyright © 2017 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.