16 Août 2017

Congo-Kinshasa: Risque de famine - Une personne sur dix souffre de la faim en zone rurale

Photo: FAO
Les souffrances liées à la faim sont en hausse en raison de l’escalade du conflit, de sa persistance dans le temps et des déplacements de population. Dans la région du Kasaï, l’année dernière, près d’1,4 millions de personnes ont dû quitter leurs maisons.

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) unissent leurs voix pour alerter sur l'insécurité alimentaire en République démocratique du Congo. Plus de 7,7 millions de personnes souffrent de la faim en République démocratique du Congo, qui est au « stade précédant celui de famine ». C'est dans le Tanganyika et la région des Kasaï que la situation est la plus dramatique, deux zones où les conflits armés ajoutent à la crise humanitaire.

« Près de 7,7 millions de personnes sont confrontées à des souffrances extrêmes liées à la faim face à la hausse des actes de violences et des déplacements de population, soit 30 pour cent de plus que l'année dernière », écrivent les auteurs du rapport sur la situation de la République démocratique du Congo publié ce lundi 14 août par le PAM et la FAO.

Nécessite de sécuriser les régions touchées

« Plus d'une personne sur dix en zone rurale, en RDC, souffre de la faim. Plus d'une personne sur dix, vous imaginez l'ampleur de la situation. Les conflits armés viennent aggravés la situation déjà précaire. Une personne quitte, fuit son village pour aller trouver refuge ailleurs, abandonne complètement tout. Et donc la personne ne peut pas aller au champ pour la récolte, pour semer etc. », résume Claude Kalinga, chargé de communication pour le PAM à Kinshasa, joint par RFI.

Ce responsable du Programme alimentaire mondial relaie également l'appel de son organisation lancé aux différents acteurs pour permettre aux agences et ONG d'intervenir sur le terrain, dans un contexte sécuritaire très difficile : « Les acteurs humanitaires, dont le PAM, ne viennent qu'en appui. Il va falloir que des mesures concrètes de sécurisation de la zone soient prises, et que le gouvernement et d'autres partenaires locaux puissent prendre les choses en main, essaient de sécuriser la zone pour permettre aux différents partenaires, dont le PAM, la FAO et bien d'autres, d'essayer d'apporter une réponse qui soit à la hauteur de la crise actuelle. »

Le Kasaï particulièrement touché

La situation est particulièrement critique dans la région du Kasaï, où l'insécurité alimentaire s'est aggravée à mesure que le climat sécuritaire s'est davantage détérioré. Dans cette seule région du pays, ce sont près de trois millions de personnes qui vivent une situation de grave insécurité alimentaire, selon le rapport.

Pour faire face à cette situation, les besoins sont estimés à 64 millions de dollars. A ce jour, seulement 37% de ce montant, soit environ 25 millions de dollars, sont effectivement disponibles. Des contributions ont été annoncées et n'attendent que d'être décaissées, notamment celle de la coopération Suisse ou encore celle promise par les Pays-Bas. Les ONG humanitaires espèrent que d'autres contributeurs viendront s'ajouter à la liste.

Les violences enregistrées dans le Kasaï depuis plus d'un an ont provoqué une véritable catastrophe humanitaire. Des milliers de morts, de nombreux déplacés internes et une multitude de personnes qui se sont réfugiées en Angola. Selon le rapport de l'OCHA, au mois de juillet dernier, la province du Kasaï à elle seule a enregistré 149 incidents liés aux violences sexuelles, aux atteintes à l'intégrité physique et aux libertés. Les acteurs locaux ont également noté douze incidents liés à des conflits intercommunautaires.

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