16 Août 2017

Kenya: Violences postélectorales - 20 morts après, Odinga se résout à saisir la justice

Après les élections générales du mardi 8 août 2017, les Kényans retenaient leur souffle et étaient suspendus au verdict des urnes. Ils l'étaient aux lèvres de Raila Odinga après la proclamation des résultats qui l'ont donné perdant avec 44,74% contre 54,27% au président sortant, Uhuru Kenyatta. Il n'en fallait pas plus, dans un pays habitué aux violences postélectorales, pour que la situation, déjà volatile avant même le scrutin, s'enflamme.

Epicentre de cette fronde, Kisumu, le fief de la coalition NASA, ainsi que les bidonvilles de Kibera et de Mathare de Nairobi, où les rancœurs politiques mêlées aux difficultés de la vie quotidienne produisent un cocktail forcément explosif. Bilan de ces journées de braise au cours desquelles le pays dansait à nouveau au bord du précipice, faisant craindre l'hécatombe du millier de morts après les élections de 2007, une vingtaine de morts et de nombreux blessés.

La pente dangereuse s'annonçait d'autant plus glissante que celui qui passe pour un mauvais perdant prétendait ne pas pouvoir contenir ses troupes et refusait d'user des voies de recours légales. Il se murait dans un silence qui était on ne peut plus bruyant. Le bon sens et la raison, qui sont les vertus les mieux partagées au monde, l'auront certainement visité. Odinga est en effet sorti du bois ce mercredi 17, décidant de saisir «la Cour suprême et de montrer aux yeux du monde la fabrication d'un pouvoir généré par ordinateur», car, dit-il, «les Kényans n'ont pas besoin de recourir à la violence pour obtenir justice». Désescalade donc. Les Kényans peuvent souffler.

A la base de la contestation de l'opposition, le piratage présumé du système informatique de la commission électorale qui aurait faussé les données. Ce que contestent vigoureusement les organisateurs du scrutin qui clament que leur système est inattaquable. Odinga parviendra-t-il à démontrer que son adversaire n'est rien d'autre qu'un président 2.0, une sorte d'avatar sorti de l'imagination d'un hacker électoral ? On doute en tout cas que cette action en justice produise les effets escomptés alors même que le président réélu, sûr de son fait, est déjà adoubé par ses pairs du continent et d'ailleurs.

Quoi qu'il en soit, on ne peut que saluer le retour à la raison de l'opposant historique qui semble condamné, à 72 ans, à demeurer le Poulidor de la politique kényane, après quatre tentatives ratées d'accéder à State House. Mais ne pouvait-on pas faire l'économie de ces dizaines de vies sacrifiées sur l'autel des ambitions politiques ?

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