16 Août 2017

Cameroun: Balle au centre

La création par décret présidentiel du Comité d'organisation local de la Coupe d'Afrique des Nations de Football (COCAN 2019) est un jalon essentiel dans la mise en œuvre des mécanismes institutionnels et opérationnels pour une meilleure préparation de la compétition continentale.

En même temps qu'elle vient clore les spéculations et rumeurs plus ou moins alarmistes qui avaient tendance à prendre l'opinion publique en otage, cet acte d'une haute portée symbolique, met désormais devant leurs responsabilités toutes les personnes impliquées, de près ou de loin, dans l'organisation de la prochaine compétition. Le fonctionnement d'une structure de cette nature devrait être un peu à l'image d'une équipe de football.

Dans le cas d'espèce, il existe certes le coach principal, le capitaine et ses adjoints. Mais à eux seuls ils ne peuvent faire le résultat attendu. Ils doivent donc s'appuyer sur le talent, le savoir-faire d'autres joueurs de champ pour mieux déployer la stratégie en vue d'une éventuelle victoire. Pour revenir au COCAN, l'architecture globale étant connue et le rôle des uns et des autres bien défini, l'objectif final est « d'assurer la bonne organisation de la CAN 2019, en collaboration avec la Commission d'organisation mise en place par la Confédération Africaine de Football (CAF), conformément au cahier des charges y relatif ».

A ce titre, le Comité central d'organisation doit travailler en parfaite synergie avec les comités de site chargés de la mise en œuvre opérationnelle des mesures et actions dans les localités et sites concernés, conformément aux orientations de la CAF et aux missions assignées.

Fort logiquement, le Comité central d'organisation est chapeauté par le ministre chargé des sports et le président de la Fédération camerounaise de Football. Sous leurs directives et à côté d'autres membres, le directeur du tournoi est appelé à jouer un rôle névralgique. Non seulement il doit assurer le suivi permanent des activités des commissions techniques et des Comités de site en liaison avec le Comité central d'organisation, mais jouer aussi le rôle d'interface entre le « COCAN 2019 » et la Confédération Africaine de Football, tout en élaborant des rapports sur l'état d'avancement des préparatifs de la CAN à l'attention du Comité central d'organisation.

Le principe de base d'un management à objectif voudrait que les tâches soient bien réparties pour éviter des chevauchements, source de dispersion d'énergies. Un leadership assumé n'étouffe pas la créativité, mais s'assure plutôt, à partir des orientations définies de la disponibilité des ressources pour atteindre les objectifs fixés. Il doit pour cela s'appuyer sans exclusive sur les compétences en impliquant le personnel à sa disposition.

Le décret présidentiel vient en quelque sorte couper l'herbe sous les pieds de tous ceux qui trouvaient dans la non-existence d'un comité d'organisation local de la CAN 2019 un prétexte trop commode pour justifier l'inaction. A court d'arguments désormais, ces partisans du moindre effort doivent de retrousser les manches pour se mettre résolument au travail. Au-delà de l'engagement solennel de Paul Biya, la tenue de la CAN 2019 au Cameroun ne dépend pas seulement de la beauté des maquettes brandies, des professions de foi sur les ondes, mais aussi des réalisations sur le terrain du concret.

Ayant bénéficié de la haute confiance du chef de l'Etat, le président et les membres du COCAN savent ce qui leur reste à faire pour être à la hauteur des attentes. Face à un chantier immense et complexe, l'heure n'est plus aux discours, mais à l'action. Certes, les différents cadres de concertation seront toujours nécessaires pour conduire le navire à bon port, mais les réunions et autres séminaires ne remplaceront jamais les travaux sur site.

Il faut garder à l'esprit que beaucoup reste à faire en termes de stades et d'hôtels aux normes requises, de voies de communication modernes, de réseaux de télécommunications, de voiries urbaines assainies, de transport public de masse, etc. La réussite dépendra de la capacité du comité central d'organisation à responsabiliser ses membres, chacun dans ses domaines de compétence, et à évaluer régulièrement leurs prestations à l'aune du cahier des charges.

La création du COCAN repousse la polémique stérile pour remettre la balle au centre des préoccupations de l'heure. Sans chauvinisme, il faut reconnaitre que le pays des Lions indomptables offre des atouts non négligeables pour accueillir une compétition sportive d'envergure. On a pu s'en rendre compte lors de la CAN féminine de 2016, dans des domaines comme l'animation culturelle, les mouvements d'ensemble, la mobilisation du public ou l'affluence dans les stades.

Ce n'était visiblement qu'un avant-goût de ce qui se prépare pour 2019. Mais pour faire mentir les prévisions pessimistes, il n'y a rien d'autre que le travail bien fait.

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