17 Août 2017

Cote d'Ivoire/Cameroun: (CAN 2019-2021 et 2023) - Pourquoi il faut dire non à la CAF

La Confédération africaine de football (CAF) a décidé ! La Coupe d'Afrique des nations (CAN) se disputera désormais à 24 équipes et ce, dès 2019 au Cameroun. Une proposition du premier symposium sur le football africain tenu les 18 et 19 juillet à Rabat (Maroc) entérinée par le Comité exécutif de la CAF, à sa réunion du 20 juillet, toujours, à Rabat.

Si la compétition continuera à se disputer tous les «deux ans», les années impaires, elle ne sera plus organisée en janvier-février mais plutôt en juinjuillet. Cette décision qui devrait être applaudie parce qu'elle donnerait la possibilité au plus grand nombre et surtout «aux petits pays» de pouvoir participer à la CAN, est plutôt sujette à des interrogations. L'urgence de la mise en application de la nouvelle formule pose de nombreuses questions.

En décidant ainsi de passer de 16 à 24 équipes à deux années de la compétition, la CAF impose des dépenses supplémentaires au Cameroun. Et aux autres nations chargées d'accueillir la compétition en 2021 et 2023. Un changement de règle en cours de jeu auquel doivent s'opposer les pays organisateurs. Le président ivoirien a été le premier a déclaré que son pays tiendra le pari de 2021 avec une CAN à 24 équipes.

Alassane Ouattara, en visite en Sierra Leone, a affirmé la capacité de la Côte d'Ivoire à faire face à cette nouvelle donne. Surtout que «son» pays venait d'organiser avec brio les 8es Jeux de la Francophonie. Le Cameroun, après une passe d'arme violente avec la CAF, a réaffirmé son engagement à faire face au défi Ahmad (président de la CAF).

Le président Paul Biya, lors d'une cérémonie en honneur des sportifs camerounais, a dit que son pays sera prêt en 2019. La Guinée, pays organisateur de la compétition en 2023, veut aussi respecter ses engagements. Antonio Souaré, le président de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), a déclaré que son pays ne jetterait pas l'éponge. Mais la question aujourd'hui n'est pas la capacité du pays à faire face à cette CAN à 24. Mais juste une question de logique.

Le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée ont postulé à l'organisation de la CAN avec un cahier de charges bien précis. En ce moment, il s'agissait d'accueillir 16 formations avec quatre stades de jeu et bien sûr des terrains annexes d'entraînement, un certain nombre de réceptifs hôteliers avec des standings bien définis, d'énormes investissements au niveau des infrastructures routières, de télécommunications, de transport, de santé,... Respecter les règles du jeu.

Aujourd'hui, le nouveau cahier de charges fait obligation de mettre à disposition six stades pour la compétition, dont deux stades d'au moins 15 000 places, deux autres d'au moins 20 000 places et les deux derniers, d'une capacité d'au moins 40 000 places devant accueillir le match d'ouverture et la finale du tournoi. Pour les séances d'entraînement, la CAF exige deux stades par site. Au niveau des réceptifs hôteliers, les standings des hôtels vont de 3 à 5 étoiles. Il est aussi demandé un aéroport par ville choisie pour héberger les poules. Ce qui induit une rallonge conséquente du budget de la compétition.

Des dépenses imprévues auxquelles les Etats devront faire face. Ce qui n'est pas évident par exemple pour la Côte d'Ivoire où la baisse du prix du cacao à l'international, première richesse du pays, n'est pas sans conséquence sur le budget général et les investissements du pays. Une chose est de vouloir faire plaisir et une autre de faire face à la réalité.

Le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée doivent être en mesure de dire à la CAF qu'ils ont postulé pour organiser une compétition à 16 et non à 24, et que le cahier de charges qu'ils avaient, faisait cas de quatre stades de compé- tition et non six. En janvier dernier, la FIFA a décidé d'étendre la Coupe du monde à 48 équipes. Mais la mise en application se fera à partir de l'édition 2026. Tout simplement parce que les éditions 2018 et 2022 ont été attribuées.

En 2026, tout pays qui viendra faire acte de candidature saura ce qu'il fera pour accueillir 48 équipes et non 32. La CAF aurait été plus sage en attendant la CAN 2025 pour tester sa réforme à 24 équipes. A partir du moment où les éditions de 2019, 2021 et 2023 ont été attribuées. Autant personne ne s'opposera à un changement susceptible d'améliorer le niveau de la CAN qui est d'ailleurs une institution, autant la CAF ne doit pas s'imposer aux Etats. Parce que ce n'est pas pendant le match qu'on doit changer les règles du jeu.

A moins que cette façon de faire ne cache un calendrier secret, des desseins inavoués. Le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée peuvent avoir les capacités de faire face à cette nouvelle donne mais il faut aussi qu'on apprenne à respecter nos propres textes. La loi n'étant rétroactive, elle ne saurait s'appliquer à ce qui a été déjà décidé.

Cote d'Ivoire

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