17 Août 2017

Madagascar: André Rasolo - « Je m'écarte de ce processus de réconciliation »

Fervent acteur de la société civile dès le début de la crise en 2009, la candidature d'André Rasolo a été rejetée par le comité de sélection des futurs membres du comité de réconciliation nationale. Une élimination que le concerné prend avec philosophie.

- Votre candidature a été rejetée par le Comité de sélection des membres de la réconciliation. Est-ce que vous vous y attendiez ?

- Le Comité de sélection a jugé que je ne méritait même pas de figurer parmi les dix meilleurs candidats de la région Amoron'i Mania. Ma candidature a été rejetée après la notation de mon dossier qui comporte une lettre de motivation et un CV. Nous sommes sous la IVe République, rien ne doit plus nous étonner.

- Pourtant, depuis deux ans, vous animez le Comité d'Experts, avez parlé de la réconciliation et analysé les problèmes de la vie politique malgache

- Effectivement. Avec le Comité d'Experts, nous avons expliqué la réconciliation communautaire, la nécessité de libérer la parole jusqu'à la base, la mise en place d'un processus inclusif de la réconciliation et la refondation de la République. Oui, en tant que professeur de sociologie politique, je partageais au public, à travers des articles et des conférences, mes points de vue de non partisan de la vie politique et sociale malgache. C'est mon devoir de le faire pour mon pays.

- Le Comité de sélection ne vous a-t-il pas éliminé pour vos prises de position publiques?

- Je ne sais pas, mais s'il en est ainsi, c'est grave et dangereux. Les faits sont là. Des blessures anciennes ne sont pas guéries alors que de nouvelles blessures apparaissent. La société endure de multiples fractures sociales à cause de la pauvreté, de l'insécurité et de la défaillance de l'État de droit. Un grand nombre de jeunes scolarisés et diplômés vivent sans emploi. Est-ce un mal de soulever ces faits?

- Après avoir été proche du pouvoir, vous voilà éliminé. Etes-vous frustré ?

- J'ai refusé d'être nommé conseiller du président de la République pour nous permettre, l'un et l'autre, de rester entièrement libres. Je fais partie d'un cercle proche de lui en tant qu'enseignant à la Faculté de Droit, d'Économie, de Gestion et de Sociologie d'Antananarivo où il était étudiant. Je ne lui ai jamais caché les réalités telles que je les voyais. Il écoutait, prenait des notes et réagissait aussi. Et oui, la IVe République n'arrête pas de nous surprendre.

- Pensez-vous que le Président, l'ancien étudiant de la Fac, va vous nommer dans son quota des onze membres?

- Pour éviter cette possibilité, j'ai préféré déposer ma candidature au Comité de sélection. Au nom de la liberté, de l'impartialité et de l'indépendance, je ne peux pas accepter une éventuelle nomination. Je m'écarte de ce processus. On tourne cette page et on avance.

Madagascar

Révision de la Constitution - La contestation est généralisée

La société civile a donné le ton quant à la révision de la Constitution. Plus »

Copyright © 2017 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.