17 Août 2017

Tunisie: L'offre dépasse la demande

En attendant le jour «J», (à savoir le jour de l'Aid qui devrait coïncider avec le début du mois de septembre), les Tunisiens sont confrontés aux nombreux problèmes de dépenses.

Comme chaque année, ils doivent faire face à diverses échéances. A peine en ont-ils fini avec la mobilisation du mois de Ramadan (début de l'été) qu'ils se sont heurtés aux exigences de la saison estivale. Et, ils ne sont pas encore près d'en sortir.

Immédiatement, ils seront appelés à se procurer le mouton de l'Aid. Pour tout le monde, c'est un casse-tête. Le budget familial a subi une très forte pression d'autant plus qu'une autre occasion est en vue. Il s'agit de la rentrée scolaire et ses corollaires.

Maîtriser les prix

En moins d'un semestre, le Tunisien dépenserait tout ce qu'il gagne en un an. Actuellement, c'est l'aïd et la rentrée scolaire qui sont ses principales préoccupations. Pour le premier, il doit tout faire pour acheter l'incontournable mouton. Mais il se demande à quel prix. Les frais des fournitures scolaires pourront attendre quelques semaines.

Toutefois, les consommateurs préféreraient que les autorités interviennent efficacement pour peser un peu sur le marché et maîtriser les prix.

L'Utap s'oppose à l'importation d'ovins. Cette mesure adoptée en 2015 n'a pas plu à cette organisation qui juge que notre production nationale est capable de répondre à la demande. Pourtant, le Tunisien craint d'être victime des spéculateurs et des intermédiaires.

Les agriculteurs sont incapables à eux seuls de fournir et, surtout, de mettre directement ces bêtes à la disposition des clients.

Devant cette incapacité, l'Utap n'offre aucune solution pratique. Les points de vente organisés ne seront pas suffisants pour couvrir toutes les régions. L'opération de vente des moutons «du producteur au consommateur», a montré ses limites. Ainsi, le champ est libre devant tous les autres intervenants qui n'ont d'autre préoccupation que de profiter de l'occasion et gagner le maximum aux dépens des Tunisiens aux abois.

Certes, on peut applaudir à des initiatives visant à encourager la production locale. Encore faudrait-il qu'on n'oblige pas le citoyen à «consommer tunisien» au prix le plus fort.

Ceux qui se disent les défenseurs de l'agriculteur tunisien doivent, également, penser à proposer une marchandise avec un bon rapport prix et qualité.

L'Aïd ne doit pas servir de prétexte aux uns et aux autres pour s'enrichir sur le dos de ses concitoyens. Chacun doit trouver son compte.

A chacun ses droits

Les prix pratiqués par les vendeurs ne répondent à aucune logique. Les éleveurs ont beau parler des coûts élevés de l'alimentation animale et des autres contraintes, rien n'y fera parce qu'il y a toujours des limites.

L'argument de l'offre et de la demande ne peut pas fonctionner dans le cas d'espèce puisque le nombre de têtes demandées (nos besoins ne dépassent pas les 900.000 têtes) est inférieur à l'offre.

Autrement dit, rien ne pousse à spéculer sur les prix. L'Organisation agricole a le droit de penser à ses intérêts et à ceux de ses «protégés», mais elle n'a pas le droit de défendre l'indéfendable. L'agriculteur mérite d'être récompensé pour son labeur tout au long de l'année sans qu'il y ait abus.

Sinon, laissons l'Etat importer des moutons pour faire jouer la concurrence et ne pas imposer un monopole des agriculteurs. En vérité, ceux-ci sont les derniers à profiter du fruit de leur travail.

Devant l'inorganisation de la filière, toutes les voies restent ouvertes pour imposer la logique du plus fort. Cet état des choses ne peut plus durer. Il est temps de prendre en main ce secteur et lui donner les moyens de satisfaire la demande. Le marché du mouton, s'il faut l'appeler ainsi, ne doit plus continuer dans cette anarchie. C'est en le structurant grâce à l'implication, notamment, des agriculteurs que l'on pourra lui conférer plus de transparence. D'autant que c'est un commerce annuel qui rapporte gros et qui contribue à la dynamisation de l'agriculture.

Tunisie

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