18 Août 2017

Afrique: Trump remue le couteau dans les plaies de l'esclavage

By Jean-Marie Ntahimpera on 18 août 2017 - Le président américain Donald Trump a défendu mardi lors d'une conférence de presse les manifestants d'extrême-droite qui faisaient des saluts nazi à l'université de Virginia vendredi passé, s'opposant à l'enlèvement du monument du célèbre esclavagiste Robert Lee.

Pour Trump, les manifestants ne cherchaient qu'à défendre une statue d'un personnage historique, le général confédéré Robert E. Lee (symbole de l'esclavage), une cause défendable : « Toutes ces personnes n'étaient pas néo-nazis, croyez-moi. Toutes ces personnes n'étaient jamais des suprémacistes blancs. Ces gens étaient là aussi parce qu'ils voulaient protester contre la destruction d'une statue, Robert E. Lee ». Il ajoute : « Beaucoup de ces personnes étaient là pour protester contre la prise de la statue de Robert E. Lee. Cette semaine, c'est Robert E. Lee et cette semaine, Stonewall Jackson. Est-ce George Washington le suivant? Vous devez vous demander, où est-ce que cela s'arrête? » Les activistes contre l'esclavage ne partagent pas cet avis.

Mais que symbolisent ces statues exactement ?

Robert E. Lee était un Général des Etats confédérés pendant la guerre de Sécession. Les Etats confédérés étaient les Etats du sud des Etats-Unis qui se sont rebellés contre le gouvernement fédéral dans les années 1860. Pourquoi ? Parc qu'ils voulaient garder le droit de pratiquer l'esclavage.

La déclaration de sécession de l'Etat de Virginie du Sud s'insurge contre « une hostilité croissante de la part des non-esclavagistes à l'institution de l'esclavage ». Ces Etats du Nord sont accusés d'« encourager et aider des milliers de nos esclaves à quitter leur maison ».

Robert E. Lee détestait les esclaves et leur lutte pour la liberté comme l'écrit le journal britannique The Telegraph : « Les documents montrent que Lee était cruel envers ses esclaves et encourageait ses surveillants à battre sévèrement les esclaves capturés après avoir tenté de s'échapper. L'historien Elizabeth Brown Pryor a déclaré dans un article du Patrimoine américain de 2008 que Lee était en colère contre les revendications des esclaves pour la liberté et « a recouru à des mesures de plus en plus sévères pour maintenir le contrôle », déchirant la plupart des familles d'esclaves. Un esclave à Arlington, selon Pryor, a appelé Lee, «le pire homme que j'ai jamais vu» ».

« Symboles ouverts du racisme »

L'autre statue que les partisans de la suprématie des Blancs défendent est celle de Stonewall Jackson, également Général défenseur de la cause confédérée. Même les arrière-petits-fils de Stonewall reconnaissent que ses statues et celles de tous les autres symboles des Confédérés doivent être détruites. Dans une lettre publiée par le site américain Slate, Jack Christian et Warren Christan, tous professeurs d'universités, écrivent que ces statues « sont des symboles ouverts du racisme et de la suprématie blanche, et le temps est venu pour qu'elles partent de l'espace public ».

En comparant les statues de ces défenseurs de la suprématie blanche et de George Washington, le président Trump fait un amalgame dangereux. Washington, reconnu comme l'un des pères de l'Indépendance des Etats-Unis, est un symbole de la liberté, contrairement aux Confédérés. Comme l'écrit le site d'information américain Vox, «Washington était propriétaire d'esclave, oui, mais la signification d'une statue de Washington n'est pas forcément l'esclavage ou la suprématie blanche: alors que c'est exactement le cas de la grande majorité des monuments confédérés aux États-Unis ».

D'après l'historien de l'Université de Princton Kevin Kruse sur Twitter, la majorité des monuments de la guerre de Sécession ont été érigés dans les années 1910 et 1920, plus de 50 ans après la guerre. Les partisans de l'esclavage étaient nostalgiques de leurs héros, alors que les Noirs réclamaient de plus en plus de droits.

Un président ne devrait pas défendre des symboles de l'oppression, comme ce fut las cas pendant l'esclavage, puisque c'est de cela qu'il s'agit.

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