18 Août 2017

Ile Maurice: Commission Britam - Les dires de Lutchmeenaraidoo d'une offre à Rs 4,3 Mds remis en question

Pourquoi Vishnu Lutchmeenaraidoo a-t-il affirmé, devant la commission d'enquête sur la vente des actions de Britam Kenya, que l'acheteur avait offert Rs 4,3 milliards ? Il s'avère que cette offre n'est pas mentionnée dans le procès-verbal de la première rencontre pour discuter de la vente des actifs de cette entité.

L'express s'est procuré une copie de ce document. Sollicitée pour un commentaire, la cellule de communication du ministre des Affaires étrangères explique que ce dernier refuse de se prononcer sur cette affaire.

Devant la commission d'enquête sur la vente des actions de Britam Kenya le 27 juillet, Vishnu Lutchmeenaraidoo, ex-ministre des Finances, qui a lui-même insisté pour déposer, a affirmé que Plum LLP avait accepté de racheter les actions de cette entité de l'ancienne British American Insurance (BAI) pour Rs 4,3 milliards. Selon lui, cette offre aurait été faite lors d'une première réunion de négociations qui s'est tenue, le 18 novembre 2015, au Kenya, entre l'ex-Permanent Secretary du ministère des Finances, Vidianand Lutchmeeparsad, et Peter Muga, Chairman de Britam Kenya. Aussi présents à cette réunion : un représentant de BDO Kenya, un directeur de Britam Kenya et un représentant du ministère kenyan des Finances.

Or, dans le compte-rendu de cette réunion, rédigé par le représentant de BDO Kenya, il n'est nulle part spécifié que l'acheteur a accepté de racheter les actions pour Rs 4,3 milliards. On peut y lire : «He (NdlR, le Chairman de Britam) went on to say that some of the current shareholders of Britam Kenya are willing to buy the shares at a mutually acceptable valuation, but they wanted a longer payment period.» En d'autres mots, la compagnie kenyane aurait été disposée à racheter les actions selon un prix agréé par les deux parties. Au final, Plum LLP a racheté les parts pour Rs 2,6 milliards.

Dires démentis

Joint au téléphone, Vidianand Lutchmeeparsad explique qu'une copie du compte-rendu rédigé par BDO a été déposée devant la commission. Il a maintenu ses propos tenus devant celle-ci le 3 août, c'est-à-dire que l'acheteur a offert Rs 4,3 milliards lors de la réunion. Comme Vishnu Lutchmeenaraidoo.

Toutefois, ses dires sont démentis par un des responsables qui étaient impliqués dans la vente des actions à ce moment-là. Ce dernier explique qu'aucune partie n'a été informée d'une quelconque offre de Plum LLP à Rs 4,3 milliards. Par ailleurs, le document - qui est en notre possession - a par la suite été circulé à tous ceux présents à la réunion.

La présumée offre de Rs 4,3 milliards entre Peter Munga et Vidianand Lutchmeeparsad n'a été mentionnée dans aucune des dépositions faites devant la commission d'enquête jusqu'à présent. L'audition du Special Administrator, Yacoob Ramtoola, qui a suivi toute la transaction et a appuyé le Share Purchase Agreement de sa signature, ne mentionne pas non plus cette offre.

Dans les milieux concernés, on se demande aussi pourquoi Vidianand Lutchmeeparsad a été envoyé pour négocier la vente. Cela, alors que c'était plutôt au Special Administrator de le faire. L'express a sollicité Vishnu Lutchmeenaraidoo maintes fois au téléphone, mercredi 16 août et jeudi 17 août. Nos appels sont restés sans réponse.

Selon Akilesh Roopun, responsable de la cellule de communication du ministre, ce dernier ne veut réagir sur aucun élément au sujet de l'affaire Britam dans la presse. «Ce serait un contempt of court s'il réagissait. Si la commission veut le rappeler, qu'elle le fasse. Mais il ne veut faire aucune déclaration dans la presse», soutient Akilesh Roopun. Même après avoir plusieurs fois insisté sur le fait que les éléments étaient graves, ce dernier a maintenu que Vishnu Lutchmeenaraidoo ne veut pas réagir.

Que se passe-t-il si l'on ment en audition ?

Selon Me Ashley Hurhangee, seule la commission d'enquête sur Britam peut déterminer s'il y a eu parjure. Dans lequel cas, le principal concerné sera convoqué et devra fournir des explications. Si celles-ci sont jugées crédibles, il n'y aura pas de suite. En revanche, si le parjure est confirmé, la commission décidera de la marche à suivre.

Ile Maurice

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