19 Août 2017

Ile Maurice: James Duchenne - Solide en droit, finance et blockchain

De la Phoenix à Houston ! Grâce à un partenariat avec Sutton Stone et, donc, par l'entremise de James Duchenne, Phoenix Beverages Ltd a pu introduire il y a quelques mois notre bière locale dans cette importante ville du Texas, où s'est installé notre compatriote.

James Duchenne est mauricien de souche et dans l'âme. Il est le fils aîné de Jacquelin Duchenne, président directeur général du groupe Cernol, et de Marie-France, femme au foyer, qui a élevé leurs trois fils, James, Gilles et Alexandre. Si ces deux derniers sont installés à Maurice et travaillent pour le même groupe que leur père, James, qui étudie la physique, les mathématiques et le dessin géométrique au collège du St-Esprit, se rend en Australie à l'issue de son cycle secondaire pour y étudier le génie aéronautique à l'université de Sydney.

Il se découvre aussi une passion pour le monde légal et embraye avec des études en droit à l'université de Technologie de Sydney. Il prête serment et exerce comme avocat auprès de la Cour suprême de New South Wales et pratique aussi à la Haute cour d'Australie. Il est recruté par une des plus grandes firmes de droit en Australie, à savoir les Corr Chambers Westgarth, à Melbourne. De là, il prend de l'emploi comme Junior Counsel au sein du Ian Malouf Group of compagnies à Sydney et, à 29 ans, il devient le General Manager et conseiller juridique de la division gérant l'enfouissement des déchets de construction et de celle des biens immobiliers du groupe.

«Lorsque j'occupais ce poste, j'ai joui d'une autonomie décisionnelle et j'ai étroitement travaillé avec un des hommes d'affaires les plus dynamiques d'Australie. Avec le temps, nos efforts ont permis au groupe de croître de façon exponentielle et de devenir un des leaders d'Australie en termes de gestion des déchets. C'est d'ailleurs là que j'ai appris à façonner des affaires et à positionner les entreprises pour les faire grandir et les rendre profitables.»

Mais James Duchenne ne veut pas s'en tenir à cela. Il étudie la finance appliquée, ainsi que les investissements au Securities Institute of Australia. Il obtient aussi un diplôme en comptabilisation de crédits carbone auprès de la Swinburn University. À ces spécialisations, il en ajoute une autre en devises numériques, soit le bitcoin et la technologie blockchain, qu'il obtient auprès de l'université de Nicosie à Chypre.

Avec son expérience du génie, du droit et de la finance, il regagne l'Australie et se met à son compte, mettant en place des affaires, identifiant les tendances de la croissance et conseillant des leaders.

C'est à Sydney qu'il rencontre l'Américaine Veronica, originaire de Houston au Texas. Il s'apprête alors à se lancer dans une nouvelle entreprise pour laquelle son marché cible est les États-Unis. James Duchenne se marie avec Veronica et décide de s'installer dans le pays de son épouse. Le couple se pose à Houston.

James Duchenne fonde Sutton Stone avec pour partenaire un entrepreneur très connu dans cette ville texane, Adam Richard. Sutton Stone, explique-t-il, met sur pied, conseille et prend des positions économiques dans des business novateurs, entre autres. «Nous sommes comme une usine qui fabrique de nouvelles entreprises. Un de nos axes majeurs d'intervention est le blockchain, dont fait partie la crypto- monnaie. Depuis 2013, nous avons participé à l'accroîssement des valeurs dans cet espace en faisant des partenariats, en conseillant, en lançant des business et en tissant des relations avec les adeptes précoces.»

La firme Sutton Stone s'est développée davantage. Elle a désormais quatre Managing Partners. Son portfolio d'affaires s'étend de Houston à la Silicon Valley, à Las Vegas, Taiwan et Macau en Chine. Sans compter son partenariat avec Phoenix Beverages Ltd à Maurice.

James Duchenne est très conscient que la crypto-monnaie est souvent associée aux hackers et a mauvaise réputation. Mais, pour lui, la crypto-monnaie et le blockchain représentent un progrès significatif dans le domaine de la technologie. «Bill Gates a d'ailleurs parlé du bitcoin comme d'un tour de force technologique. Les changements que cette technologie apportera rapidement aux conditions socio-économiques sont difficiles à comprendre. Cela dérange le confort et les habitudes.» Dans l'innovation, explique-t-il, il existe une courbe d'apprentissage, des échecs, et aussi des acteurs avec de mauvaises intentions qui profitent de la situation. Ceci jusqu'à ce que des cadres pertinents soient mis en place pour soutenir un écosystème divers et croissant. «Les professionnels dans ce domaine ont déjà traité la plupart des problèmes, ce qui a donné confiance aux plus grandes entreprises au monde, aux banques centrales et aux gouvernements pour qu'ils évoluent dans cet espace. »

Il rappelle qu'aux débuts de l'Internet, ce service était perçu par certains comme un repaire de pornographes et pratiquement inutile car c'était avant l'ère des moteurs de recherche comme Google. On ne pouvait alors y effectuer de recherches précises. «À mesure que l'écosystème grandit, de nouvelles solutions sont ajoutées et il représente les valeurs des personnes qui l'utilisent plutôt que celles des mauvais acteurs. Aujourd'hui, on peut lier les comptes bitcoin aux cartes Visa pour les achats. On voit de plus en plus la crypto-monnaie devenir une valeur refuge, comme l'or quand le marché boursier chute.»

James Duchenne assure que la crypto-monnaie n'opère pas dans un espace non régulé mais la clarification règlementaire des autorités est souvent nécessaire. «Il y a des lois qui s'appliquent, de même que des protections anti-blanchiment et d'autres garanties requises des clients voulant opérer dans cet espace.»

Il précise que le bitcoin n'est que la première application du blockchain, un réseau de communication pour l'échange, le suivi et l'audit des valeurs. «Il existe de nombreuses applications de blockchain qui n'ont rien à voir avec la crypto-monnaie. Le blockchain transforme presque toutes les industries - finance, transport et logistique, cadastre, énergie, santé, tourisme - et ne pas avoir de stratégie blockchain est un risque systémique pour la compétitivité des entreprises.»

James Duchenne, père d'un petit garçon nommé Stone, est si attaché à Maurice qu'il n'écarte pas la possibilité de revenir s'y installer un jour. En fait, il pourrait envisager de couper la poire en deux, soit partager son temps entre son île natale et son pays d'adoption.

Ile Maurice

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