19 Août 2017

Congo-Kinshasa: Manifeste du citoyen congolais - Mobilisation citoyenne pour un retour à l'ordre constitutionnel

« Esili », tel est la dénomination du document signé le 18 août à Paris et qui vient tout juste de franchir la ligne de départ avec pour objectif déclaré en finir avec le régime de Kinshasa qui, d'après ses signataires, instrumentalise la violence pour se maintenir en violation de la Constitution.

C'est dans une ambiance bon enfant qu'a été signé le vendredi 18 août à Paris, dans la salle de conférence exiguë du siège de la Fédération internationale des droits de l'Homme, le « Manifeste du citoyen congolais ». Ce document qui peut être considéré comme le vade-mecum du citoyen congolais est un condensé de sa vision par rapport à l'avenir politique immédiat de son pays actuellement gangréné par l'impasse découlant de la non-organisation des élections en décembre 2016. Ils étaient plus d'une dizaine les organisations de la société civile congolaise ainsi que les mouvements citoyens ayant effectué le déplacement de Paris pour apposer leur signature au bas de ce document élaboré depuis plusieurs jours à Chantilly, en région parisienne, dans un secret absolu.

Le 18 août a été donc un évènement de haute portée historique pour ces mouvements citoyens qui entendent ainsi agréger leurs forces pour obtenir l'alternance politique en RDC d'ici fin 2017 avec, à la clé, le départ de Joseph Kabila à qui la Constitution interdit de se représenter pour un troisième mandat mais qui reste encore aux commandes grâce à un arrêt de la Cour constitutionnelle. Celui-ci l'astreint à demeurer en poste jusqu'à l'installation du nouveau président de la République élu. Une lecture que ne partagent pas les signataires du « Manifeste du citoyen congolais » qui prônent le retour à l'ordre constitutionnel, le gouvernement actuel étant illégitime du fait de la non-tenue des élections. « Le président Joseph Kabila dont le mandat a expiré le 19 décembre 2016, exerce le pouvoir en violation manifeste de la Constitution de la République démocratique du Congo », soutiennent-ils.

Le schéma de sortie de crise qu'ils proposent s'articule sur une transition citoyenne dont les animateurs seront désignés à la suite d'une concertation nationale ayant pour mission principale d'organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres et qui n'en seront candidats. Outre cette transition à mettre en place par les différents groupes représentant les citoyens congolais, ils exigent également la libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques et d'opinion ainsi que la réouverture des médias fermés en RDC.

Pour arriver à leur but, les organisations de la société civile et des mouvements citoyens présents à Paris prévoient« des actions pacifiques et non violentes » visant à empêcher le « président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017 ». Convaincus que rien ne changera à l'obstination de l'actuelle coalition au pouvoir à demeurer en poste envers et contre tout, les signataires du « Manifeste du congolais » appellent la population congolaise à contraindre les tenants du régime à l'alternance d'ci la fin de l'année via des actions pacifiques. Aussi, pour susciter des adhésions massives à leur action, entendent-ils entamer des actions de sensibilisation auprès des citoyens congolais, mais aussi des partis politiques - opposition et majorité confondues -, et des instances religieuses.

Fadel Barro, le leader sénégalais du mouvement citoyen « Y en a marre » a fait figure de conseiller auprès des représentants de Filimbi, de la Lucha, de la Ligue des électeurs ou encore des « Congolais Debout », mouvement récemment créé par Sindika Dokolo et d'autres organisations de la société civile présentes à Paris. Tous appellent à la mobilisation générale en vue de la tenue des élections d'ici décembre 2017, la seule voie plausible pour obtenir l'alternance tant souhaitée.

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