19 Août 2017

Ile Maurice: Le père de la mineure - «J'avais prévu un meilleur avenir pour ma fille qui est tombée enceinte à 13 ans»

À 15 ans, la plupart des jeunes se consacrent à leurs études. Mais ce n'est plus le cas de Noémie*.

Comme elle est tombée enceinte à 13 ans, elle a dû abandonner les études pour s'occuper de son fils, aujourd'hui âgé de deux ans. Le père de celui-ci, Huzaifa Ibne Soleiman Aza, âgé de 20 ans, s'est dédouané de ses responsabilités. Accusé d'attentat à la pudeur, il a obtenu la liberté conditionnelle le mercredi 16 août, en cour intermédiaire. Après le jugement, l'express est allé à la rencontre de Noémie et de son père Johnny*. «J'avais prévu un meilleur avenir pour ma fille», nous dit-il d'emblée.

C'est un homme meurtri qui raconte comment sa vie et celle de sa fille ont basculé à jamais. «Elle a connu ce jeune homme sur Facebook. Ils se sont vus et ont eu des relations sexuelles à trois reprises en 2014. Le jeune homme lui a fait du chantage émotionnel. Puis, j'ai appris que ma fille est tombée enceinte de lui.»

Cette nouvelle a eu l'effet d'une bombe. Pour Johnny, l'avenir de sa fille est gâché. «J'ai été choqué car je ne voyais pas l'avenir de ma fille ainsi. Elle était une bonne élève à l'école.» Malgré tout, il est allé voir le père de l'enfant pour savoir s'il était prêt à prendre ses responsabilités. Mais si le jeune homme était d'accord, il devait se heurter au refus de ses parents, notamment sa mère. Celle-ci aurait argué que son fils «n'avait pas l'âge pour prendre soin d'une femme et d'un enfant». «Sa mère m'avait fait la remarque suivante : 'Monn larg mo kok, ou bizin ramas ou poul'.»

Dans un moment de colère, Johnny a même songé à envoyer sa fille au RehabilitationYouth Centre. Mais son épouse l'a fait changer d'avis. «Elle m'a conseillé de ne pas prendre une telle décision.» Cette pensée abandonnée, il décide de faire une déposition à la police contre le jeune homme pour relations sexuelles avec mineure de moins 16 ans.

Encadrement

Entre-temps, Noémie a dû arrêter l'école. Elle a reçu un encadrement psychologique à la Child Development Unit afin d'équilibrer sa vie. «Aujourd'hui, mon petit-fils a grandi et il fait notre bonheur. Je n'ai pas abandonné ma fille car elle est toujours mineure. Je prends soin d'elle.»

Avec l'autorisation de ses parents, Noémie nous raconte comment elle s'est laissé berner par ce jeune homme. «Nou'nn koumans kozé lor Facebook é nou'nn zwenn lamer. Linn fer mwa per. Li ti dir mwa si mo pa gagn rélasion ek li, li kapav mor. Linn mem dir mwa li pou met pandi. Monn aksepté lerla.»

Aujourd'hui, l'adolescente regrette. Elle veut vivre sa vie à nouveau et être indépendante. «Mo ti anvi éna enn bon travay pou kapav swagn mo zanfan. Komié létan mo pou dépann lor mo paran ? Mo anvi débout lor mo lipié.» Elle ambitionne d'ailleurs de suivre des cours d'esthétique.

Par ailleurs, nous nous sommes rendus chez l'accusé. Comme il n'était pas là, sa mère a bien voulu commenter la sentence de son fils. Ce dernier a écopé d'une amende de Rs 5 000 et d'une reconnaissance de dettes de Rs 15 000. Il a aussi obtenu la liberté conditionnelle pendant deux ans. En cas de mauvaise conduite, il sera condamné à six mois de prison.

Le magistrat, Pranay Sewpaul, a pris en considération le fait que les deux étaient mineurs, qu'il y a eu consentement et que le casier de l'accusé était vierge. «Mo bien kontan ki mo zanfan pann fer prizon kar zot ti bien kontan toulédé.»

Toutefois, elle donne une autre version de l'histoire. «Mo ti pré pou pran sarz tifi-la é so zanfan. Mé zot inn vinn rod anviron Rs 30 000 pou fer avortman. Mo pa ti pou aksepté enn zafer parey. Akoz sa zot inn port plaint. Mo garson inn bien alé vini kot zot. Tifi-la so mama ti bien soutir sa rélasion-la.»

*Prénoms fictifs

Ile Maurice

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