19 Août 2017

Cameroun: Au tribunal, Amadou Vamoulké dénonce les renvois

L'indisponibilité de Polycarpe Abah Abah, coaccusé, à l'audience d'hier, a été à l'origine d'un nouveau report.

Quinze minutes d'audience à peine et le collège des juges du Tribunal criminel spécial (Tcs) annonce le renvoi de l'affaire au 19 septembre prochain. Motif évoqué : l'absence de Polycarpe Abah Abah qui, pour la deuxième fois consécutive, était appelé à comparaitre à la Cour suprême dans l'affaire du Crédit foncier. Un renvoi qui a l'air d'agacer grandement l'ex-directeur général (Dg) de la Cameroon Radio Television (Crtv) qui, sur le coup, se lâche : «C'est comme ça qu'ils font. Renvoi, renvoi, renvoi».

Même si par la suite on le retrouve plus détendu dans les échanges avec son épouse et des proches venus le soutenir. On entendra Amadou Vamoulké à cet instant dire que « l'affaire n'est pas fondée judiciairement, mais on suit la procédure ».

Comme pour dire qu'il attend impatiemment l'ouverture des débats pour prouver son innocence. C'est certainement avec cette détermination qu'Amadou Vamoulké a franchi la cour du Tcs ce 16 août à bord d'un minibus de couleur blanche portant les écritures « Prison centrale de Kondengui ». Il est 9h50minutes.

Vêtu d'un boubou de couleur grise assorti à une chéchia, Amadou Vamoulké sort, souriant et détendu. L'ancien Dg de la Crtv prendra même quelques secondes avant d'amorcer l'escalier le conduisant à la salle d'audience pour échanger avec quelques connaissances.

« J'ai cru voir quelqu'un comme Aoudou là ?», leur demande-t-il. Presqu'en choeur, ses interlocuteurs lui répondront par l'affirmative. Puis, commence l'attente des greffiers et des juges dans la salle d'audience. Une trentaine de personnes sont présentes pour assister aux débats. Par l'habillement et la langue des uns et des autres, on se rend vite compte qu'il y a plusieurs ressortissants de l'aire géographique du principal accusé du jour.

Ils sont trois à être attendus sur le banc des accusés. Amadou Vamoulké, Polycarpe Abah Abah et Antoinette Menyeng Meyoa épouse Essomba. Cette dernière, ci-devant ex-directrice de la Cameroon Marketing and Communication Agency (Cmca), comparait libre. Elle est discrète et silencieuse dans un coin du premier banc de la salle d'audience. Aucun échange avec quiconque.

Aux environs de 11h, lorsque le collège des juges fait son entrée et que les accusés sont appelés à regagner le box, aucun échange entre l'ancien Dg Crtv et son ancienne collaboratrice. On aurait dit deux parfaits inconnus.

Innocence

L'audience s'ouvre avec la présentation par les avocats de la défense, de leur liste de témoins. Celle du ministère public suivra, confondue à celle de la partie civile. Me Makollo Wamba et ses collègues, conseils de Amadou Vamoulké, parlent de sept témoins convoqués par la défense, tandis que la liste conjointe ministère public/partie civile affiche quatre convoqués, dont deux cadres en service à la Crtv.

Interpellé en juillet 2016, il est reproché à l'ex-Dg Crtv le détournement de près de 4 milliards Fcfa des suites de ce que le Tcs considère comme des immobilisations frauduleuses. Au moment où s'ouvre le procès, une autre charge est en cours pour s'adjoindre au dossier. Il s'agit du rapport d'audit commandé par la nouvelle direction de la Crtv qui, selon des sources, contient des éléments accablants pour Amadou Vamoulké.

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