19 Août 2017

Congo-Kinshasa: Alternance démocratique - Un front de résistance est né à Paris

Au moment où la crise politique s'enlise, des mouvements citoyens et quelques personnalités ont pris le relais pour sauver la démocratie congolaise. C'est à Paris, capitale de la France, qu'ils ont choisi de se réunir du 15 au 17 août 2017 pour poser les jalons d'un vaste mouvement de masse.

Le « Manifeste du citoyen congolais », signé le 18 août 2017, scelle un nouveau pacte avec le peuple. Avec pour seul objectif : l'alternance démocratique en 2017, telle que prévue dans l'Accord du 31 décembre 2016 conclu sous les bons offices de la Cénco (Conférence épiscopale nationale du Congo).

C'est à Paris, capitale de l'Hexagone, ville lumière, symbole de la Révolution française de 1789, qu'un groupe de mouvements citoyens congolais, appuyés par certaines personnalités, ont décidé de sceller, le jeudi 17 août 2017, un nouveau pacte pour un avenir meilleur de la République démocratique du Congo. Du 15 au 17 août 2017, ils se sont réunis pour baliser le chemin et réorienter le combat politique en vue de l'alternance démocratique consacrée dans la Constitution du 18 février 2006.

À Paris, toutes les parties prenantes aux échanges ont convenu de cimenter leur contrat autour d'un document dit « Manifeste du citoyen congolais ». Signé le 18 août 2017, ce document sert désormais de boussole qui formalise le combat de tout un peuple en vue de reconquérir sa liberté et sa démocratie, les acquis que le pouvoir en place à Kinshasa tente de lui confisquer.

Après avoir dressé un tableau sombre de la situation politique, économique, sécuritaire et sociale, le Manifeste appelle vivement « le peuple congolais à user de son devoir sacré de faire échec, avec des moyens pacifiques et non-violents, à la tentative du président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017, en application de l'article 64 de la Constitution ».

Les signataires invitent par conséquent « tous les Congolais, confessions religieuses, étudiants, jeunes, femmes, mouvements citoyens, syndicalistes, médecins, enseignants, professeurs, fonctionnaires, artistes, partis politiques ainsi que les Congolais de la diaspora à adhérer massivement au présent Manifeste ». Il est temps, lancent-ils, pour « toute Congolaise, tout Congolais, à prendre une part active à la grande campagne d'actions pacifiques et non violentes devant mener au retour de l'ordre démocratique constitutionnel ».

Face à une communauté internationale, souvent passive et lente à l'action, les signataires du Manifeste l'appellent plutôt à « accompagner le peuple congolais dans sa quête légitime de la liberté et de la démocratie ».

Une transition sans Kabila

La date du 19 décembre 2016 ayant consacré la fin constitutionnelle du mandat du président Kabila, le Manifeste « exige le départ de M. Joseph Kabila Kabange et une transition citoyenne dont les animateurs seront désignés à la suite d'une concertation nationale ayant mission principale d'organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres et qui n'en seront pas candidats ». Cette transition, précise le Manifeste, « sera propice à doter la RD Congo, notre pays, d'un nouveau système de gouvernance, basé sur une justice indépendante, des services de sécurité protégeant les citoyens, assurant l'exercice effectif des libertés constitutionnelles, garantissant une gestion transparente et équitable de toutes les ressources nationales, des institutions fortes et démocratiques mettant les intérêts des citoyens congolais au centre de tout projet politique ».

Avec la signature du « Manifeste du citoyen congolais », le 17 août 2017, c'est un nouveau courant qui vient de voir le jour dans le contexte de la crise politique en RDC. Les partis politiques ayant montré leurs limites à proposer une alternative crédible pour déjouer les manœuvres du pouvoir - qui s'obstine à organiser les élections -, les mouvements citoyens ont donc pris le relais. C'est de la France, pays de la « liberté, égalité et fraternité » que cet appel a été lancé.

Ce vent nouveau qui souffle depuis Paris est celui de l'espoir de tout un peuple qui n'aspire qu'à une seule chose : se choisir librement ses dirigeants par la voie des urnes.

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