20 Août 2017

Burundi: « Le terrorisme », nouveau mot-clé du régime?

Photo: Martine Perret/UN
Imbonerakure parfois nommé CNDD-FDD Jeunesse, est un mouvement politique de jeunesse burundais affilié au Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), parti au pouvoir. Ici, en phase de désarmement sous controle de l'ONU.

Depuis que le Burundi est en crise, puis sous sanctions financières, Bujumbura brille par sa surenchère verbale, le « terrorisme » étant devenu l'un des mots-clés, car utilisé à tout-va, du moins selon le blogueur Moise Bukuru.

Des tweets à l'emporte-pièce, parfois des insultes et calomnies,... , Bujumbura semble vociférer sur « tout le monde ». Et l'on est tenté de penser, à tort, que les réseaux sociaux constituent pour les Burundais une carte blanche, un défouloir, un comptoir de « Chez Gérard » (un célèbre bar de Bujumbura), le seul endroit où les propos, distillés sous l'effet de la mousse, sont classés sans suite.

Difficile de passer sous silence certaines sorties : « L'UE soutient le terrorisme au Burundi ! » Vraiment ? Les mots ne sont pas venus d'un simple militant politique, un suiveur lambda, mais de hautes autorités du pays.

Et que penser d'une telle accusation ? Evidemment rien ! Rien parce que personne ne s'en émeut. Rien parce que la charge verse dans l'excès, et que « tout ce qui est excessif est insignifiant ».

Surtout, rien parce qu'on ne prend plus au sérieux certaines réactions. Et que devient une autorité dont la parole n'est plus à considérer ? « C'est Twitter », nous dira-t-on. Ah oui, c'est Twitter, mais les petites piques en 140 caractères tiennent pour des réactions officielles.

Ça s'appelle « utilisation responsable des réseaux sociaux ». Comme par exemple le chef de l'Etat qui n'est pas avare de qualificatifs à propos de certains actes de violence. Le dernier en date étant celui de Buyenzi, en Mairie de Bujumbura : « Le terrorisme a encore frappé au Burundi et en Espagne... ».

Mais là encore : peut-on vraiment comparer ce qui s'est passé à Barcelone et ce qui se passe chez nous ? En Espagne, ou au Burkina par exemple, le monde entier a condamné « des attaques terroristes » qui plus est, sont revendiquées.

Au Burundi, rien des deux ne se passe. Les seuls à y voir le terrorisme, ce sont les dirigeants, et les condamnations ne viennent que d'eux-mêmes. Mais qu'importe ? On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Sauf qu'au bout du compte, des questions fusent, sans jamais trouver de réponse : quand est-ce que les actes de criminalité signalés ici et là sont devenus des actes de terrorisme ?

Comment peut-on accuser l'UE de soutenir le terrorisme au Burundi, puis revenir lui demander de payer les soldats partis combattre le même mal... en Somalie ?

La crise de parole nous guette. Les revers d'une comm' de trop, le courroux des sanctions financières, risquent de nous amener très loin.

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