14 Août 2017

Sud-Soudan: Sigmar Gabriel au Soudan du Sud - Les parties au conflit doivent reprendre les négociations

Photo: United Nations
Suite aux récentes violences, environ 17.000 personnes ont trouvé refuge sur le site de protection des civils de l’ONU à Wau, au Soudan du Sud, où il ont accès à l’eau et ont installé des structures de base pour se protéger contre le soleil. Photo: ONU / Nektarios Markogiannis
communiqué de presse

Berlin — La guerre civile, le chaos et la famine ont fait du pays le point de départ de la plus grande crise des réfugiés en Afrique. Des millions de personnes sont plongées dans la détresse. Le chef de la diplomatie allemande s'est engagé au Soudan du Sud pour que l'aide de la communauté internationale les atteigne.

Sigmar Gabriel est arrivé au Soudan du Sud le jeudi 10 août. Il est le premier ministre des Affaires étrangères allemand à se rendre dans ce pays depuis l'indépendance de ce dernier. À Djouba, la capitale, le ministre allemand a notamment rencontré le président sud-soudanais, Salva Kiir, et le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Soudan du Sud, David Shearer.

Le Soudan du Sud est indépendant depuis seulement 2011, ce qui fait de lui le plus jeune pays du monde. Cependant, depuis son indépendance, le pays s'est effondré. La population n'a jamais bénéficié des recettes provenant des riches gisements de pétrole. Les excès de violence entre ethnies rivales sont devenus de plus en plus incontrôlables et, depuis 2013, la guerre civile fait rage. Aussi bien les troupes gouvernementales que les rebelles ont perpétré de très graves violations des droits de l'homme. Des millions de personnes ont été chassées de leur foyer. La sécheresse prolongée, au printemps dernier, a encore accentué la détresse de façon dramatique.

Plus d'un million d'habitants se sont réfugiés en Ouganda, voisin du Soudan du Sud. Des centaines de milliers d'autres cherchent à se mettre à l'abri dans des régions éloignées ou dans des camps de réfugiés des Nations Unies. « Le Soudan du Sud a vraiment mérité, après tant d'années de guerre, de trouver enfin la paix », a déclaré le ministre allemand à Djouba, la capitale du pays. Les violences persistantes et un appareil d'État qui fonctionne mal empêchent sans cesse l'aide humanitaire d'atteindre la population. « Ceux qui travaillent pour des organisations humanitaires internationales le font souvent au péril de leur vie », a estimé Sigmar Gabriel.

L'aide doit atteindre le point de départ de la crise des réfugiés

La veille (9 août), Sigmar Gabriel avait eu l'occasion de se faire une idée de la situation des réfugiés en Ouganda et il avait promis à ce pays de l'aider à accueillir des habitants du Soudan du Sud. Puis le ministre a poursuivi son déplacement pour se rendre au point de départ de la crise des réfugiés. À Djouba, il a insisté sur la nécessité d'ouvrir la voie à un plus grand nombre de livraisons d'aide humanitaire. Jusqu'à présent, la bureaucratie de l'appareil d'État et les forces de sécurité corrompues ont régulièrement bloqué cet acheminement.

Plus d'aide humanitaire de l'Allemagne

L'Allemagne s'implique à de nombreux niveaux pour soulager la détresse de la population et stabiliser le pays. Le gouvernement fédéral a augmenté cette année à 90 millions d'euros le volume de l'aide humanitaire qu'il lui accorde. De plus, l'Allemagne envoie des soldats de la Bundeswehr participer à la MINUSS, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud. Le chef de la diplomatie allemande leur rendra d'ailleurs visite dans la capitale sud-soudanaise.

Les parties au conflit doivent reprendre les négociations

La population sud-soudanaise ne pourra cependant reprendre espoir que lorsque les armes se seront tues. L'accord de paix négocié en 2015 n'a jusqu'ici pratiquement pas été mis en œuvre par les deux parties. Sigmar Gabriel a plaidé auprès du président Kiir pour que le gouvernement et l'opposition armée reviennent s'asseoir à la table de négociation. « Tous les protagonistes doivent enfin se concentrer sur le bien du gouvernement et non plus sur leurs propres intérêts de pouvoir », a déclaré le chef de la diplomatie allemande à l'issue de son entretien avec le président sud-soudanais. L'Allemagne s'engage également pour que les violations des droits de l'homme commises dans le cadre du conflit soient portées à l'avenir devant un tribunal national qui doit être créé.

SOURCE Ministère fédéral des Affaires étrangères (AA), Allemagne

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