14 Août 2017

Sud-Soudan: Ne pas laisser seuls les voisins qui aident - Sigmar Gabriel en Ouganda

communiqué de presse

Berlin — Fuyant la guerre et la faim, plus de 1,3 million d'habitants du Soudan du Sud ont passé la frontière ougandaise. La générosité du pays voisin empêche jusqu'à présent une crise migratoire d'une plus grande ampleur. Avant qu'il ne soit trop tard, le chef de la diplomatie allemande veut renforcer encore le soutien apporté à ce pays.

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, visite actuellement l'un des grands points névralgiques de l'exode et de la migration en Afrique : l'Ouganda est le théâtre de la troisième plus grande crise des réfugiés du monde. Chaque jour, jusqu'à 2000 personnes cherchant à échapper aux sanglants combats et à la sécheresse dont souffre leur pays, le Soudan du Sud, passent la frontière ougandaise. Et pourtant, ce pays enclavé situé sur la rive du lac Victoria garde sa porte ouverte aux réfugiés. La générosité est énorme : l'Ouganda ne se contente pas d'accueillir de nombreux réfugiés mais il manifeste aussi un engagement exemplaire en faveur de leur intégration. Les réfugiés ne doivent effectuer ici qu'un court séjour dans les camps de réfugiés. Ils ont le droit de se déplacer librement dans le pays, de travailler et ils reçoivent même un bout de terrain.

L'Ouganda a besoin d'aide pour pouvoir aider

L'Ouganda fait le maximum pour réussir cet effort d'intégration. Mais le pays lui-même doit faire face à de graves problèmes. Le chômage des jeunes est en constante et rapide augmentation depuis des années. Au printemps, la sécheresse a détruit une grande partie des récoltes. Pour que l'Ouganda puisse continuer à accueillir des personnes fuyant le Soudan du Sud, ce pays a besoin de toute urgence d'un soutien international accru.

C'est pourquoi la première étape du déplacement de Sigmar Gabriel l'a conduit au camp Rhino, dans le nord du pays. Sur place, dans ce camp où vivent quelque 50 000 réfugiés, le ministre a rencontré des réfugiés et des travailleurs humanitaires. « Qu'un pays comme l'Ouganda, pauvre lui-même, ouvre ses frontières à des personnes qui fuient la guerre civile au Soudan du Sud, c'est vraiment impressionnant », a-t-il constaté.

Empêcher une crise migratoire planétaire

Il s'agit maintenant de soutenir l'Ouganda, a-t-il poursuivi. Les pays voisins qui aident les réfugiés ne doivent se retrouver seuls. C'est pourquoi le ministre veut engager un changement de mentalité. La coopération au développement et l'aide humanitaire apportée aux réfugiés devront à l'avenir être encore mieux coordonnées. Pour que l'accueil des personnes en détresse puisse se poursuivre avec succès, les projets de développement doivent apporter un soutien ciblé aux communes qui aident de nombreux réfugiés. Cette année, l'Allemagne a déjà débloqué plus de 60 millions d'euros d'aide à l'Ouganda.

Encourager les efforts de médiation

Il faut par ailleurs combattre les causes de la migration. Dans le cas de l'Ouganda, la guerre civile qui perdure dans le Soudan du Sud joue un rôle de premier plan puisqu'elle force les habitants à quitter leur pays. Dans cette optique, la coopération entre pays voisins africains est essentielle. Autour du lac Victoria, il existe déjà une bonne coopération entre le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie, estime Sigmar Gabriel. Les pays voisins devraient maintenant être encouragés à servir également de médiateurs dans le conflit sud-soudanais. Le chef de la diplomatie allemande a emporté ses impressions du camp de réfugiés avec lui à Kampala, la capitale de l'Ouganda, où il a rencontré le président Yoweri Museveni. Au menu de leur entretien figuraient également la situation des droits de l'homme et la liberté de la presse.

Sigmar Gabriel a poursuivi son voyage jeudi en direction de Djouba, la capitale du Soudan du Sud.

SOURCE Ministère fédéral des Affaires étrangères (AA), Allemagne

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