20 Août 2017

Zambie: Hakainde Hichilema veut la «relaxe» des autres prisonniers politiques

En Zambie, le chef de l'opposition regoûte à la liberté après quatre mois de prison. Dès l'ouverture de son procès mercredi 17 août, l'avocate générale a annoncé l'abandon immédiat des charges qui étaient retenues contre lui et cinq coaccusés. Accusé de trahison pour avoir tenté de bloquer le convoi du président Edgar Lungu, dont il conteste l'élection, Hakainde Hichilema risquait pourtant de 15 ans de prison à la peine de mort.

Hakainde Hichilema est libre. Arrêté en avril, le patron du Parti uni pour le développement national (UPND) était incarcéré depuis pour avoir gêné le passage du convoi du président zambien Edgar Lungu, dont il conteste depuis un an la réélection.

A peine sorti de prison, le chef de file de l'opposition compte donc se remettre au travail pour continuer le combat, et notamment obtenir la libération des autres opposant :

« Nous ne pouvons pas nous permettre de nous offrir des vacances, a-t-il expliqué à RFI. Pour commencer, l'une de nos priorités, c'est d'assurer la relaxe de tous les nombreux autres membres de notre parti et les autres prisonniers politiques qui sont détenus à travers le pays.

Lors des élections de 2016, nous n'avons pas eu recours à la violence, nous avons utilisé des moyens civilisés, des pétitions. Et malgré cela, beaucoup de nos membres ont été arrêtés et poursuivis pour des faits très graves.

Vous devez savoir que l'un des nôtres, qui a été ministre, a été poursuivi pour vol aggravé, sans caution possible. Il a été acquitté il y a une semaine, après avoir passé une année en prison.

Nous devons nous battre pour que notre pays revienne à un état de droit normal, que nous retrouvions les droits humains de base et la liberté. »

Autre combat qu'Hakainde Hichilema veut mener : la fin de l'état d'urgence, décrété en juillet après une série d'incendies criminels.

Un autre chef d'opposition, Saviour Chisimba, avait également été arrêté début août pour avoir critiqué cette décision du président Edgar Lungu, avant d'être finalement libéré une semaine plus tard.

« Et puis nous devons aussi nous occuper du système judiciaire. Il est très corrompu, a-t-il souligné. Les procédures d'instruction ne sont pas seulement très longues, elles sont aussi corrompues.

Nous avons un problème avec certaines institutions, qui sont aux mains du pouvoir et qui sont utilisées par certaines parties pour opprimer le peuple. Nous ne pouvons pas accepter qu'un pays soit géré comme l'est la Zambie. »

Après la décision du tribunal d'abandonner les poursuites à son encontre, le gouvernement avait réagi en indiquant que c'était bien la preuve qu'il n'interférait pas dans le système judiciaire.

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