21 Août 2017

Tunisie: Moody's renvoie aux réformes du FMI

Photo: La Presse
Sévère dégradation de la note de la Tunisie

L'agence de notation Moody's qui vient de revoir à la baisse la note évaluant la solvabilité de notre pays quant à ses dettes de long terme, la situant à B1, soit «Highly Speculative» (très spécultative), avec des perspectives négatives, alors qu'elle était de Ba3, impute ce reclassement à diverses faiblesses cumulées affectant les équilibres financiers et monétaires. Elle se réfère à plusieurs paramètres liés à la fiscalité, au déséquilibre de la balance commerciale et au retard des réformes suggérées par le FMI.

La nouvelle notation met également en évidence le risque élevé encouru au niveau des réserves en devises et de la dépréciation de la monnaie nationale, deux facteurs pouvant affaiblir davantage la solvabilité relative à la dette publique.

Moody's met en garde contre une possible nouvelle dégradation de la notation et suggère un meilleur soutien à l'économie nationale, un contrôle des troubles sociaux, la maîtrise de la balance commerciale et une fiscalité plus performante.

A noter que la notation attribuée par Moody's à un pays correspond à une appréciation de sa part évaluant la volonté et la capacité d'un émetteur à assurer le paiement des engagements d'un titre de créance, tel qu'une obligation, tout au long de la durée de vie de celui-ci.

L'échelle de notation, qui va d'un maximum de Aaa à un minimum de C, se compose de 21 notes (notch) et de deux catégories : la catégorie d'investissement et la catégorie spéculative. La notation la plus basse de la catégorie d'investissement est Baa3. La notation la plus élevée de la catégorie spéculative est Ba1.

Dinar, finances publiques et fiscalité

Le rapport de Moody's évoque explicitement les réformes et ajustements que le FMI conseille à la Tunisie d'introduire au plus vite. Ce qui repose la question de la lenteur excessive de l'identification et de la mise en place des diverses mesures de nature à redresser les finances publiques, à alléger la fiscalité des entreprise en trouvant les voies d'un élargissement de l'assiette fiscale globale qui sache préserver les classes moyennes et le pouvoir d'achat des nécessiteux.

Moody's met en cause également le déficit grimpant de la balance commerciale et l'impératif de le combler de toute urgence. Cela nécessiterait, à ce stade, d'invoquer sans délai la clause de sauvegarde de l'économie nationale. Mais il est essentiel, sur cette question devenue vitale, d'écarter les visions lobbyistes et les considérations idéologiques.

En parallèle, la question de la cote du dinar et celle des réserves en devises appellent la Banque centrale à des mesures spéciales de correction et de préservation en harmonie avec d'énergiques mesures gouvernementales devenues inévitables comme une surveillance des importations.

Bref, le gouvernement doit absolument se bouger pour dépasser les pressions et les menaces implicites qui l'encerclent parfois jusqu'à la paralysie. Ces mesures désormais évidentes peuvent être conduites avec modération mais elles ne peuvent plus attendre. Sinon la crédibilité du site Tunisie et même la viabilité de notre économie seraient dans la balance.

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