22 Août 2017

Burkina Faso: Eviction de Yao de la tête de la RAGIM / Banfora - Des commerçants s'y opposent

Des commerçants et autres vendeuses des différents marchés et yaars de Banfora sont opposés à l'éviction de Amidou Yao de la tête de la Régie autonome de gestion des infrastructures marchandes (RAGIM) de la commune et son remplacement par Fatoumata Traoré/Hié qui était en poste à la Direction du développement économique local (DDEL) de la mairie. Ils l'ont dit de vive voix à la mairie de Banfora, le 21 août 2017, au cours d'une mobilisation qui a débuté dès 7h et qui s'est poursuivie jusqu'en fin de matinée.

« Yao ou rien ! Nous ne voulons pas d'un autre responsable à la RAGIM que Yao » ! Voilà ce qu'on pouvait lire sur les pancartes que les manifestants, en majorité des femmes, brandissaient très tôt le 21 août 2017 devant la mairie de Banfora. Certains scandaient des slogans de soutien à l'homme qui vient d'être relevé de ses fonctions par le maire de Banfora à travers une note de service qui a été rendue publique le 18 août 2017.

D'autres brandissaient l'effigie de Amidou Yao. Sans les faire attendre outre mesure, le SG de la mairie, Rodrigue Dabiré, le directeur de cabinet, Bakanhaye Héma, la Personne responsable des marchés de la commune, Daouda Héma, le président de la Commission des affaires générales et institutionnelles, Adama Soma dit Adama Gauche, et le commandant de la Police municipale, Soungalo Aristide Traoré, viennent à leur rencontre.

Après avoir obtenu d'eux qu'ils quittent la cour de la mairie, ils leur ont demandé de désigner 3 responsables qui parleront en leur nom à tous. Zéya Sako, Viviane Millogo et Férima Ouattara, toutes des dames, sont choisies. Férima Ouattara, première à prendre la parole, fait savoir que la révocation de Yao ne rencontre pas leur assentiment.

« Lorsque les commerçants ont appris cette nouvelle, nous nous sommes demandé ce qu'il a pu faire pour mériter cette sanction. Nous n'avons rien trouvé. Il est porté à ce poste il y a à peine 1 an et envers nous, il a su adopter un comportement de vrai manager.

Nous ne connaissons pas celle qui a été désignée pour le remplacer, mais ce qui est sûr, c'est que nous ne voulons pas d'une autre personne à la place de Yao, en tout cas pas pour le moment, puisqu'on ne change pas une équipe qui gagne ».

A ces propos de Férima Ouattara, Viviane Millogo ajoute qu'à l'annonce du remplacement de Yao, les commerçants ont décidé de fermer le marché le 21 août 2017, pour se rendre à la mairie afin de mieux comprendre ce qui se passe.

C'est dans ce contexte, a-t-elle indiqué, qu'une dame du nom de Salimata Zon est arrivée au marché pour, au nom de la mairie, dire que le marché sera bel et bien ouvert. Elle a invité les vendeurs et vendeuses à ne pas suivre notre mot d'ordre.

« De plus, elle a traité Amidou Yao de voleur et cela, nous ne l'acceptons pas », a martelé dame Millogo qui poursuit en demandant aux responsables de la mairie si ce sont eux qui ont mis Salimata Zon sur cette mission.

Autrement, demande-t-elle, de quel droit a-t-elle fait cela ? Questionne la vieille Millogo qui poursuit en disant que Yao travaillait bien et qu'il faut lui laisser le temps de poser les jalons d'une franche collaboration entre la RAGIM et les commerçants.

En guise de réponse, Adama Soma, après avoir remercié les manifestants pour le caractère pacifique de la mobilisation, a tenu à préciser que Salimata Zon n'est ni employée de la mairie ni envoyée par la mairie.

Ce à quoi les marcheurs répliquent en mettant cette dernière en garde. « Si nous la revoyons au marché ou intervenir au cours de nos manifestations, nous allons la lyncher », ont-ils dit en chœur.

Joint au téléphone, le maire Aboubacar Héma estime que cette manifestation ne vient pas directement des commerçants. « Ce ne sont pas des commerçants ou des vendeuses. Ce sont des politiciens.

Les manifestants sont manipulés par Amidou Yao lui-même qui, après avoir été relevé, est allé dire aux commerçantes et commerçants qu'avec la nomination de Fatoumata Traoré/Hié, de nouvelles taxes leur seront appliquées alors qu'il n'en est rien ».

Pour Aboubacar Héma, cette manifestation n'avait pas sa raison d'être puisqu'au cours de la journée du 20 août 2017, ses collaborateurs ont rencontré le syndicat des commerçants et les difficultés semblaient aplanies.

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