22 Août 2017

Libye: Migrants en Méditerranée - «La mort n'est pas quelque chose qui nous effraie»

Photo: Ilaria Vechi/IPS.
Refugees land at Lampedusa island in Italy.

Depuis le 10 août, la Libye a interdit aux bateaux d'ONG qui secourent les migrants en mer d'entrer dans ses eaux. Quelques jours plus tard, plusieurs ONG ont annoncé qu'elles suspendaient leurs opérations de sauvetage.

Cette interdiction à Tripoli a pour objectif de réduire le nombre de migrants qui arrivent sur les côtes européennes. Mais sur la route vers la Libye, les réseaux de passeurs n'ont pour le moment pas changé leurs habitudes.

Il a quitté le Cameroun le jour même où Tripoli interdisait aux bateaux d'ONG d'approcher de ses côtes. Mais de cette interdiction, il n'a pas entendu parler.

T-shirt de l'équipe de football sur les épaules, ce jeune garçon dit qu'il a 13 ans et un objectif bien précis : « Je cherche à aller en France pour faire mes études, parce que j'ai de la famille là-bas, mon grand frère, ma tante, mon père et ma grande sœur. »

La route qu'il compte emprunter pour atteindre la France ? « J'ai envie de passer par l'eau », glisse-t-il timidement.

Dans le ghetto où se concentrent les migrants candidats au départ, des dizaines de personnes sont parties en Libye depuis le début de l'été.

« Ça ne change rien, les gens continuent à passer. Les deux dames qui sont sorties, là... dans les prochains jours elles prendront la route », assure cet homme, témoin des départs. Pour lui, c'est une certitude, la décision libyenne n'a pas d'impact sur les départs.

Retour à « l'ancien système »

Quant au fait que les bateaux des ONG sont désormais tenus à distance des côtes, rendant ainsi les sauvetages plus aléatoires, cela ne semble pas non plus inquiéter les candidats au départ à tous prix. « Non, ce n'est pas qu'il n'y a pas de bateau. Il y en a, mais ils ne sont pas proches de la côte comme avant », précise cet homme.

Pour lui, ces bateaux des ONG pouvaient être atteint en « deux heures ». Désormais, celles et ceux qui veulent tenter la traversée vers l'Europe vont « reprendre l'ancien système », et il leur faudra donc compter sur « 8 heures », estime-t-il. Mais surtout, il martèle : « La mort ce n'est pas quelque chose qui nous effraie. »

Ce jour-là, un coup de fil interrompt la conversation. Une jeune femme annonce qu'elle est bien arrivée en Italie. De quoi renforcer la conviction que le passage est toujours possible.

Depuis le début de cette année 2017, 2 410 personnes ont été tuées en tentant de traverser la Méditerrannée, selon les chiffres de l'Office international pour les migrations (OIM) au 16 août.

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