23 Août 2017

Afrique du Sud: Represailles contre les députés frondeurs de l'ANC - Zuma règle ses comptes

Photo: allafrica.com
A gauche: la députée de l' ANC Makhosi Khoza. A droite: Le President Jacob Zuma.

Suite à la volonté du président sud-africain, Jacob Zuma, de voir identifiés et sanctionnés les députés de son parti, le Congrès national africain (ANC), qui avait voté contre lui lors de la motion de défiance rejetée le 8 août dernier, il s'est ouvert une chasse aux sorcières.

En effet, alors que certains des députés frondeurs ont été démis de leurs fonctions dans les instances du parti, d'autres ont été sommés de se justifier par des lettres d'explications.

De prime abord, ces sanctions relèvent de l'ordre normal des choses. Car, dans la logique du fonctionnement des partis politiques, la fronde des députés qui ont voté pour la motion de défiance introduite par l'opposition, confine à un acte d'indiscipline et doit donc être traitée comme tel et ce, conformément aux textes du parti en vigueur.

L'on peut donc penser que les incriminés savaient ce qui les attendait et de ce fait, doivent assumer les conséquences de leurs actes.

Du reste, ils n'ont pas à rougir de leur prise de position, tant les frasques à répétition du président Jacob Zuma méritaient sanction, même si l'ANC n'a malheureusement pas eu le courage et l'intelligence politiques de le faire. Ils peuvent donc avoir la conscience tranquille.

Cela dit, en prenant l'option de faire rendre gorge aux parlementaires qui ont refusé de s'aligner sur les positions du parti, Jacob Zuma montre son étroitesse d'esprit. Il se montre allergique à toute contradiction et entraîne l'ANC dans le sillage des partis gondwanais où les formations politiques existent par et pour la volonté du chef.

Mais le véritable fautif dans cette affaire, c'est l'ANC qui, aveuglément, soutient le président indélicat en acceptant d'entériner la volonté de sanctionner ceux qui, dans ses rangs, ont eu le courage de dénoncer sa gestion.

Le plus grand perdant de cette crise est l'ANC

On peut, en effet, se demander quelles sont les valeurs qui guident aujourd'hui le parti de Nelson Mandela dont l'héritage a été bradé.

Au regard de ce qui se passe aujourd'hui dans ce parti, l'on ne peut qu'être d'accord avec le politologue William Gumede, pour qui, « aujourd'hui, ils sont très peu nombreux au sommet de l'ANC à incarner cette "morale démocratique" instaurée par Mandela.

L'héritage a été en partie dilapidé par des élites avides, corrompues et intellectuellement malhonnêtes ».

En tout état de cause, le plus grand perdant de cette crise est l'ANC qui menace d'imploser du fait des dissensions internes et qui perd son emprise sur le pays, comme l'ont démontré les résultats des dernières élections municipales.

Toutefois, cette crise a quelque chose de positif. Car, elle peut renforcer la démocratie et accélérer l'alternance politique à la tête du pays.

En effet, la chute des partis qui ont longtemps géré le pouvoir d'Etat est souvent liée à leur implosion, comme on l'a vu au Burkina avec les schismes au sein du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ayant entraîné la faillite du régime de Blaise Compaoré.

De ce fait, on ne peut que souhaiter que les frondeurs ne se laissent pas refroidir dans leur élan par ces sanctions, mais qu'ils amplifient bien au contraire leurs actions contre le président Zuma et contre l'ANC qui a troqué sa légitimité historique contre l'affairisme et la corruption.

Afrique du Sud

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