24 Août 2017

Cote d'Ivoire: Carburants toxiques - Rien que de l'intox !

Une réaction qui vient mettre un terme à la désinformation distillée le 21 août 2017 par les réseaux sociaux et entretenues par une certaine presse. En effet ce 23 août, la Société ivoirienne de raffinage (Sir), a rencontré, à son siège, sis à Vridi, la presse nationale pour se prononcer sur les rumeurs faisant état de carburants hautement toxiques en Côte d'Ivoire et qui mettraient en danger la vie des populations ivoiriennes.

« Nous avons déjà eu l'occasion de nous exprimer sur ce sujet, en septembre 2016, et avions rassuré que la Sir et la Côte d'Ivoire ne sont pas concernées par des produits dits toxiques.

Ces informations qui viennent d'être reprises par des medias et des réseaux sociaux sont celles produites par l'enquête de l'Ong suisse, Public Eyes, le 02 septembre 2016 », a situé d'entrée, le directeur général adjoint de la Sir, Bruno Sirot.

Qui avait à ses côtés, le directeur des ressources humaines et de l'administration, Soro Tiotioho. Selon Sirot, les spécifications des carburants en Côte d'Ivoire sont fixées par décrets présidentiels dont le dernier en vigueur est « le décret n°2013-220 du 22 mars 2013 portant modification du décret n°2005-04 du 06 janvier 2005 ». Aussi a-t-il fait savoir que le schéma de raffinage de la Sir et la faible teneur en soufre des pétroles bruts raffinés permettent de respecter et de faire mieux que ces spécifications.

La Sir, a-t-il insisté, fabrique des produits de bonne qualité. Un investissement de 200 milliards FCFA prévu Et d'expliquer que pour l'essence, avant 2005, la spécification de teneur en soufre était de 2500 Ppm (Partie par million) maxi, avec un additif de plomb. Elle est passée progressivement à 500 Ppm en 2005 avec suppression du plomb, puis à 150 Ppm depuis 2013. «

L'essence produite actuellement par la Sir ne contient que 10 Ppm de soufre et ne contient pas de plomb. La teneur maximum en benzène de l'essence n'était pas exigée dans les spécifications jusqu'en 2013.

Mais depuis cette date, elle est limitée à 5% volume maximum. L'essence produite par la Sir contient 3,6% volume en moyenne de benzène et est toujours inférieure à la spécification de 5% volume », a-t-il relevé.

Quant au gasoil, a souligné Sirot, avant 2005, la spécification de teneur en soufre était fixée à 10 000 Ppm maxi. Elle a été ramenée à 5000 Ppm en 2005, puis à 3500 Ppm en 2013.

« Le gasoil produit par la Sir a une teneur en soufre moyenne infé- rieure à 2000 Ppm, donc meilleure que la spécification officielle », a informé le dga de la Sir. Avant de révéler que depuis 2005, les spécifications des carburants en Côte d'Ivoire sont régulièrement révisées et sévérisées par l'Etat.

« La Sir est certifiée Iso 9001 version 2015 et Iso 14001 version 2015. Conformément aux exigences de ces normes internationales de qualité et d'environnement, la Sir respecte toujours les spé- cifications des produits qu'elle met sur le marché : aucun produit ne peut sortir de la Sir sans être analysé et conforme aux spécifications en vigueur », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Sirot a rappelé que comme en Europe où la qualité des carburants a connu des évolutions passant de Euro 1 en 1993 à Euro 5 en 2009, les spécifications Uemoa et donc ivoiriennes sont appelées à évoluer suivant la feuille de route de l'Association des raffineurs africains (Ara).

Ainsi, à l'instar de l'Europe, l'Ara a défini des spécifications cibles, appelées Afri 1 à Afri 5, assorties d'une proposition de calendrier pour leur adoption par les pays. Les pays africains ayant des raffineries, devront donc investir dans de nouvelles unités de raffinage pour satisfaire ces spécifications.

Les pays n'ayant pas de raffineries imposeront ces spécifications aux importateurs. Mais en Côte d'Ivoire, pour l'essence, le pays est à l'Afri 3 et pour le gasoil à l'Afri 2.

L'objectif pour l'Ara qui organisera même à Lomé, au Togo, un colloque les 13 et 14 septembre 2017, est d'amener surtout à terme, les pays africains à se mettre aux normes européennes à partir de 2025-2030.

Cependant à court terme, la Sir est déjà en train de prendre des dispositions afin de réduire l'impact environnemental des produits raffinés en investissant dans un nouveau catalyseur pour réduire davantage la teneur en soufre du gasoil produit.

D'autres actions visant à importer des bases gasoil basse teneur en soufre en vue de faire des blending sont cours avec des fournisseurs. La société de raffinage a donc un plan de réduction en soufre des carburants pour la période 2018-2023.

Les installations devront commencer en 2023. L'Etat suivant aussi particulièrement le calendrier d'adoption des nouvelles spécifications Ara qui seront en vigueur dans l'Uemoa. Ainsi que la réalisation des études de la Sir pour la mise en œuvre des investissements nécessaires à la production des carburants aux normes Afri 5.

« Ces investissements d'environ 200 milliards FCFA seront réalisés à la Sir avec le soutien de l'Etat », a annoncé le dga. En ce qui concerne les fortes odeurs des carburants, le Drh et de l'administration de la Sir, Soro Tiotioho, a souligné que pour une norme de 35%, la Sir est largement en dessous du pourcentage requis mais travaille à un retour des odeurs oléfines que l'on connaissait il y a quelques années. Les choses se remettront progressivement en place jusqu'en 2019.

Cote d'Ivoire

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