27 Août 2017

Tunisie: Au bord du gouffre

Ces turbulences se mesurent parfois dans l'exploitation des mouvements sociaux qui sont, à l'origine, légitimes mais prennent des proportions «suspectes».

Avec des conséquences néfastes. Jeudi dernier, le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, annonçait que les sociétés de production pétrolière implantées dans le gouvernorat de Kébili ont décidé « de fermer leurs portes et les vannes de pompage de pétrole et de démobiliser tous leurs travailleurs. Et il a expliqué que cette décision fait suite « aux sit-in intempestifs des travailleurs et des fermetures répétitives des vannes de pompage de pétrole ».

Et il est à craindre que des sociétés de production pétrolière à Tataouine ne suivent la même voie. « 200 millions de dinars: c'est le coût direct des sit-in qui perturbent, au point de la paralyser, la production de pétrole dans le sud-est du pays depuis quatre mois, sans tenir compte du ralentissement de certains projets importants dans la région ». C'est ce qu'a affirmé, jeudi dernier, la ministre, Héla Cheikhrouhou.

Le tableau est-il si noir ? Le chef du gouvernement Youssef Chahed, tout en reconnaissant que « la situation est difficile », se montre rassurant et optimiste « Malgré la crise, la croissance est de retour. Les recettes fiscales ont augmenté de 14% durant le premier trimestre de l'année en cours ». Le tourisme reprend son souffle avec 4 millions et 580 mille touristes ayant visité la Tunisie jusqu'au 20 août 2017 (une progression de 19,1 % par rapport à la même période en 2016).

La production de phosphate enregistre une progression de 34%, et les intentions d'investissements enregistrent de fortes progressions: (+19% dans l'industrie, +77% dans les services et +67% dans l'agriculture). Le conseiller économique auprès de la présidence du gouvernement, chargé de la réforme fiscale, Fayçal Derbal, en présentant les grandes orientations de la loi de finances 2018, estime que « les indicateurs de 2017 sont meilleurs que ceux de l'année dernière, à l'exception des réserves en devises et la chute du dinar ». Bien entendu, beaucoup reste à faire mais tout est possible.

Et il souligne que « tous les ingrédients de la relance économique sont contenus dans la nouvelle loi de finances pour 2018 ». Alors, pourquoi ces discours de Cassandre? Derbal résume: «La question de la faillite n'est pas vraie et contribue à mettre les gens sur les nerfs ».

Il faut croire qu'on est encore loin du gouffre.

Tunisie

L'Ugtt offre 200.000 dinars

Lors de cet entretien consacré au dernier remaniement ministériel, la réconciliation, la loi de… Plus »

Copyright © 2017 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.