28 Août 2017

Afrique: Paris accueille un mini-sommet euro-africain sur la crise migratoire

Photo: Ilaria Vechi/IPS.
Refugees land at Lampedusa island in Italy.

Un sommet sur l'immigration s'ouvre ce lundi après-midi à l'Elysée. Le président Macron recevra ses homologues tchadien, Idriss Déby, et nigérien, Mahamadou Issoufou. Invités également, la chancelière allemande Angel Merkel, la chef de la diplomatie européenne Frédérica Moghérini, le président du conseil italien Paolo Gentiloni, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ainsi que le chef du gouvernement d'Union nationale de Libye, Fayez Al Sarraj.

Un sommet qui intervient alors que cet été, Emmanuel Macron a souhaité la création de hotspots en Afrique, des centres d'enregistrement des demandeurs d'asile pour limiter les flux migratoires illégaux, les morts en méditerranées et les détentions inhumaines de migrants en Libye. Une annonce controversée et problématique.

Les ambitions d'Emmanuel Macron sur le dossier migratoire vont-elles rester aussi élevées ? Cet été le président français avait annoncé la fin des campements de rue d'ici 2018, la réduction des délais de traitement des dossiers mais surtout, à la surprise générale, l'ouverture prochaine de hotspots en Libye. Vu la situation sécuritaire dans le pays, l'Elysée avait rectifié le tir et finalement parlé de hotspots au Niger et au Tchad.

Mais ces centres verront-ils le jour ? Par sûr. « Nous sommes contre ce projet qui risque de créer un appel d'air. Des milliers de candidats à l'immigration viendront chez nous », explique Hissein Brahim Taha.

Selon le ministre tchadien des Affaires étrangères, deux missions françaises sont venus à Ndjamena ce mois-ci. Dont une de l'Ofpra, l'Office de protection des réfugiés.

« Nous avons parlé des 400 000 réfugiés installés sur notre territoire. La mission voulait voir comment les aider à se réinstaller, s'ils avaient droit à l'asile, lesquels étaient les plus vulnérables. Nous n'avons pas parlé de hotspots », explique Hissein Brahim Taha.

Des diplomates français sont venus à leur tour « pour voir comment nous aider à sécuriser la frontière avec la Libye », indique le ministre.

Difficile de savoir ce qui va ressortir du sommet amis en tout cas l'idée des hotspots semble s'éloigner. L'organisation Human Rights Watch s'attend, elle, à des platitudes et à une réaffirmation des politiques migratoires existantes.

La frontière nord du Tchad, porte d'entrée en Libye, est un vaste territoire désertique où culmine une chaîne de montagne. C'est dans ce « no man's land » utilisé par les passeurs pour faire entrer les migrants venant d'Afrique de l'ouest en Libye que la France avait annoncé l'installation de hotspots. Ndjamena solliciterait plutôt un appui pour assurer la surveillance de ce vaste territoire où se côtoient trafiquants, passeurs, rebelles et chercheurs d'or.

L'Italie veut demander plus de soutien

Pour le moment, les relations étroites nouées entre Rome, le chef du gouvernement libyen d'union nationale, et les communautés du sud de la Libye, semblent porter leurs fruits. Les débarquements ont diminué de 72% au mois d'août. Autrement dit : 3 168 arrivées contre 21 294 à la même période en 2016.

Mais le président du Conseil Paolo Gentiloni ne présentera pas seulement avec des chiffres encourageants lors du mini-sommet sur la crise migratoire qui s'ouvre à Paris.

L'Italie, qui a accueilli plus de 600 000 migrants depuis 2014, va réitérer sa demande de partage des réfugiés en Europe, et insister sur la nécessité d'engagements plus conséquents en faveur des pays de transit et d'origine des migrants et réfugiés.

Concernant la situation, insoutenable, dans les centres de rétention libyens, Rome, dont la politique de fermeté est très critiquée par les associations humanitaires, mise avant tout sur l'intervention des organisations des Nations unies.

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