28 Août 2017

Cameroun: Cacao - Le salut par la transformation

Photo: CCILCI
Cacao

Deux maîtres chocolatiers français viennent de séjourner au Cameroun. Du 13 au 15 août dernier, leur mission exploratoire les a portés à la rencontre de coopératives de cacaoculteurs, mais également dans certains centres d'excellence de traitement post-récolte du cacao, mis en place dans les bassins de production par le Conseil interprofessionnels du cacao et du café (CICC).

C'était à la demande de quelques producteurs, confiants de la qualité de leurs produits. Et à raison ! Les maîtres chocolatiers français ont été tellement séduits qu'ils ont acheté le kilogramme à 2 600 F pour aller le transformer à l'étranger. Vu la situation actuelle des prix qui ne font que dégringoler, (on est descendu à 500 F le Kg dans certains bassins de production), il est temps que les Camerounais se lancent davantage dans la transformation qui rapporte plus. Vu qu'un kilogramme de cacao acheté même à 2600 F peut être revendu à des centaines de milliers de francs, une fois qu'il devient du chocolat, sous diverses présentations. Mais le chemin est encore long.

Dans un contexte marqué par la chute des prix de cette matière première, il est temps de passer à la vitesse supérieure, pour ce qui est de la transformation. Cela permettrait aux producteurs de vendre localement. Les pouvoirs publics sont prêts à accompagner la transformation, notamment celles des unités artisanales qui se battent tant bien que mal. La promotion d'une consommation locale accrue du cacao et de ses produits intermédiaires et finis est une autre piste pour limiter la saignée et les difficultés rencontrées par les producteurs depuis plusieurs mois. Les ministères en charge de l'agriculture, de l'industrie et du commerce ont donc du pain sur la planche.

En le faisant, des conditions d'une économie cacaoyère plus pérenne et moins soumise aux aléas sont créées. Cela permettrait également de mieux gérer ce type de crise qui, à l'observation, est cyclique. En effet, une production industrielle camerounaise de chocolat plus dynamique, tirée par une consommation qui explose, va avoir un effet d'entraînement sur la demande des matières premières. Et ainsi créer plus de richesses et d'emplois sur place.

On devrait donc travailler pour dépasser les 20% (moins de 50 000 tonnes) de première transformation actuellement, portée par un industriel et quelques artisans- producteurs. En effet, sur les 269 000 tonnes de cacao commercialisées au cours de la campagne 2015-2016, les transformateurs industriels en activité au Cameroun ont broyé 29 927 tonnes de fèves. Une activité en baisse d'environ 10%, par rapport aux 32 143 tonnes de la campagne précédente. Soit moins de 15% des objectifs projetés par les opérateurs de la filière et le gouvernement à l'horizon 2020 (300 000 tonnes), dans le cadre du plan de relance des filières cacao-café. Et les partenariats avec des privés et des étrangers peuvent y aider.

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