29 Août 2017

Gabon: Un long chemin vers l'amélioration du climat des affaires

La lourdeur administrative au Gabon a, de tout temps, constitué un obstacle dans le développement des affaires. Comme plusieurs pays d'Afrique le pays n'avait toujours pas respecté la réglementation des affaires car elle présentait un environnement compliqué. Avec l'avènement du guichet unique, la situation commence par bouger, quoique difficilement.

Qu'est ce qui rend les choses si difficiles au Gabon au point de présenter un environnement des affaires si compliqué ?

Si les tracasseries administratives étaient jadis le lot quotidien des commençants et des jeunes entrepreneurs, la mise en place du guichet unique permet de rassembler en un même lieu toutes les opérations administratives et de mettre ainsi fin à la méthode de travail pesante héritée de la période coloniale.

« Avec le guichet unique, le traitement des dossiers est devenu court. Les autorités gabonaises sont ainsi parvenus à sortir un pan du secteur économique de l'hibernation dans laquelle il se trouvait », se réjouit Ernest Edzang, un jeune entrepreneur qui développe des applications dans les nouvelles technologies. Toutefois, les avis restent partagés même si la mise en place du guichet unique constitue une petite révolution.

« Depuis quelques années, l'administration s'équipe d'outils performants tout en poursuivant l'informatisation des bureaux avec une formation adaptée des fonctionnaires pour l'utilisation de ces équipements », commente Etienne Ekang, en charge de la collecte des dossiers au Guichet unique.

Mais le spectre du fonctionnaire qui traîne des pieds et dont le bureau est rempli de dossiers à traiter, fait encore école et rend plus difficile l'attelage au marché mondial des affaires qui requiert, rapidité, performance et mise à jour rapide des données. Ici et là, les fonctionnaires monnayent encore leurs services, notamment pour les opérateurs étrangers, pressés et désireux de limiter leur séjour de prospection.

Ekang déclare que « la création au Gabon d'une entreprise, quelle que soit sa forme juridique, s'effectue au service du Guichet Unique de l'Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP), selon des procédures et des démarches bien définies. Et c'est une avancée notable ».

Au Gabon, selon le type de société à créer, les prix varient de 45 000 F CFA à 245 000 F CFA, selon qu'il s'agit d'opérateurs locaux ou expatriés.

L'Etat encourage l'implantation des opérateurs nationaux

Pour Philippe Bornave, un jeune diplômé venu de France pour s'installer au Gabon, « il est surprenant que les opérateurs locaux qui initient des projets ne soient pas toujours encouragés dans leurs démarches alors que les étrangers monopolisent des pans entiers de l'activité économique avec justement la complicité des agents de l'administration (... ) ».

« Force est de reconnaître que les longues séries de signatures ont été réduites et le guichet unique fait peu à peu son chemin. Mais il y a encore des améliorations à apporter », considère Bornave.

A ce jour, la sécurité des investissements est assurée par l'adhésion du Gabon à l'Agence multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA) et au Centre International pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

Un recours à l'arbitrage étant de toute évidence malvenu, ces conflits se règlent généralement à l'amiable.

Cette démarche a été ensuite simplifiée, la République gabonaise mettant en place une APIP dont une des missions est de surveiller des mesures et procédures de facilitation des relations entre les entreprises et l'administration.

Les retombées du Guichet Unique sont bien là

Depuis plusieurs mois, l'économie gabonaise enregistre des taux de croissance relativement modestes mais encourageants.

Le Gabon qui dispose de nombreux atouts, reste ouvert à tous les investisseurs intéressés par des secteurs privilégiés par le gouvernement comme les mines, la pêche, le tourisme, la forêt ou l'agriculture.

En ce qui concerne l'amélioration de l'environnement des affaires, un certain nombre d'instruments normatifs (charte des investissements, code minier, code des pêches, code forestier, etc.) et structurels (APIP) fonctionnent déjà bien.

C'est dans ce cadre qu'a été adoptée la loi fixant le régime de la concurrence au Gabon. Le pays est aussi favorable à l'application équitable et transparente du droit des affaires adopté conformément au traité de l'Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires (OHADA) et du droit du travail et de la sécurité sociale adopté conformément au traité de la Conférence interafricaine de Prévoyance sociale (CIPRES).

Par le passé, presque tous le jeunes diplômés ou non, intégraient la fonction publique pléthorique et dispendieuse. On y compte presque 6 fonctionnaires pour 10 000 habitants pour une population globale de 1,8 million d'âmes.

Sans emploi, les jeunes Gabonais se sont progressivement lancés dans les petits métiers jusque-là contrôlés presque exclusivement par les ressortissants Ouest-Africains.

Parce qu'ils réussissent généralement en partant de rien, ces derniers sont la principale source d'inspiration des jeunes entrepreneurs nationaux qui sont encouragés par des mesures en faveur de l'initiative privée prises par l'Etat.

Les mesures portent leurs fruits

Ces incitations concernent notamment le coût de l'agrément individuel d'exercice d'un petit métiers ramenée à moins de 40 000 F CFA pour les Gabonais contre 300 000 F CFA pour les étrangers. Les nationaux sont également exonérés d'impôts et taxes durant les trois années qui suivent la création de l'entreprise.

Une étude de l'APIP montre que sur plus de 3000 petites entreprises créées en 2005, presque la moitié appartient au Gabonais. Un record comparé aux quelques 100 entreprises créées par les nationaux entre 1994 et 2001.

Nous assistons à un phénomène nouveau dans le paysage des affaires gabonais qui est le fruit, entre autres, de l'observation des citoyens Nigérians par exemple, débarqués dans le pays en aventuriers et ne faisant valoir en guise de patrimoine financier et matériel, que leur volonté indéfectible d'entreprendre.

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