29 Août 2017

Afrique: Conseil présidentiel de Macron pour l'Afrique - Seuls compteront les résultats

A l'occasion de la conférence des ambassadeurs, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé la création d'un Conseil présidentiel pour l'Afrique composé d'une douzaine de personnalités de la société civile.

Ces personnalités seront issues tant du monde de la culture et du sport que des milieux d'affaires. Parmi elles, on cite le footballeur franco-béninois Jean-Marc Adjovi Boco, la chercheuse kényane Yvonne Mburu, l'avocat français Yves-Justice Djimi ou encore Jules-Armand Aniambassou, camarade de promotion d'Emmanuel Macron à l'ENA.

Et ce n'est pas tout. Le successeur de François Hollande a annoncé une visite dans les tout-prochains jours à Ouagadougou, la capitale burkinabè, où il entend présenter plus en avant sa vision de la politique africaine. En tout cas, de prime abord, l'initiative est à saluer à tous points de vue, car l'objectif de cette nouvelle structure est de renouveler le partenariat entre la France et l'Afrique.

A cet effet, les conseillers auront pour rôle de faire entendre au locataire de l'Elysée un autre son de cloche que celui des conseillers Afrique, de formuler des propositions concrètes d'action sur des secteurs d'avenir ou encore de développer un lien avec les sociétés civiles africaines. En attendant les résultats qui viendront infirmer ou confirmer la qualité de la vision, l'on peut déjà se féliciter du fait que le président Macron ait décidé de donner corps à ses promesses de campagne sur l'Afrique.

Toutefois, l'on doute bien qu'au-delà de l'objectif affiché, Emmanuel Macron n'ait un agenda caché. En effet, le président français veut construire ses propres réseaux avec ses propres hommes pour orienter ses actions dans un continent qui compte beaucoup pour la sécurité et l'économie de la France. Il faut donc craindre la renaissance de la Françafrique dont on avait pourtant célébré, il y a peu seulement, les funérailles. L'ambition affichée au regard de la composition de la nouvelle structure est même d'étendre les tentacules de cette nouvelle emprise au-delà du pré-carré français, en raison des mutations de l'économie mondiale.

Le Conseil présidentiel pour l'Afrique aura du pain sur la planche

Et la tâche est des plus ardues, en raison de l'arrivée de nouveaux concurrents comme les Chinois qui se distinguent par leur appétit et qui ne s'embarrassent pas du respect des droits de l'Homme et de la démocratie dont la France et ses partenaires européens se veulent le porte-étendard dans le monde. Tout ceci laisse penser que la France, à travers cette nouvelle création sortie du génie de Macron, est en train de mieux s'organiser pour piller les ressources africaines comme elle l'a toujours fait à travers d'abord l'esclavage, ensuite à travers l'économie de traite pendant la période coloniale et enfin à travers la détérioration des termes de l'échange pendant la période néocoloniale. L'on comprend donc que pour de nombreux observateurs, l'Afrique est dans le rôle du poulet : qu'il soit cuit à l'ail ou au raa-bilé (levure en langue mooré), il sera mangé.

Quoi qu'il en soit, le Conseil présidentiel pour l'Afrique aura du pain sur la planche. Car, certains dossiers du partenariat France-Afrique sont des plus brûlants. Au nombre de ceux-ci figure en pole position le débat sur le Franc CFA remis au goût du jour par l'activiste Kémi Séba qui a brûlé un billet de 5 000 F CFA lors d'un rassemblement public. Ces questions sont si sensibles que ces « hussards bénévoles » savent qu'ils marchent sur des œufs. Les personnalités africaines membres de ce panel surtout, encourent, si elles viennent à manquer de courage, le risque de se retrouver dans le même rôle des chefaillons africains qui ont participé aux razzias contre leurs propres frères.

Cela dit, même s'il est difficile pour l'Afrique de se passer de l'aide française, elle aurait tort de croire que son salut viendra de ce brainstorming à l'Elysée. Elle a tout intérêt à « libérer, comme le disait l'autre, son génie créateur », pour trouver en elle-même les ressources pour prendre en main son devenir.

Burkina Faso

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