30 Août 2017

Sénégal: Arrêté et jugé pour avoir brûlé un billet de 5000 F CFA - Kémi Seba libre

Après 5 nuits passées à la Maison d'arrêt de Rebeuss, l'activiste, Kémi Séba et l'étudiant sénégalais Alioune Abatallib Sow ont été relaxés. Le Tribunal des flagrants délits en a décidé ainsi hier, mardi 29 août, dans son délibéré.

Stellis Gilles Robert Capo Chichi alias Kémi Séba était poursuivi pour «destruction d'un billet de banque» et son co-prévenu pour complicité.

L'activiste Kémi Séba est libre. Jugé en en flagrant délit hier, mardi 29 août, après son arrestation et placement sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt Rebeuss à Dakar, le vendredi 25 août dernier, pour avoir brûlé un billet de 5000 F Cfa lors d'un rassemblement «contre la Françafrique» dans la capitale sénégalaise, le 19 août, il a été relaxé par le Tribunal. L'activiste et chroniqueur politique Stellis Gilles Robert Capo Chichi alias Kémi Séba était poursuivi pour «destruction d'un billet de banque», suite à une plainte de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao).

Devant la barre du Tribunal, le président de l'ONG Urgences panafricanistes a reconnu les faits à lui reprochés, expliquant que son intention n'était pas de nuire à une institution, mais de conscientiser la jeunesse africaine des effets nuisibles du F CFA. «Oui, j'ai détruit un billet de 5000 F Cfa. Mais la destruction de ce billet de banque était un acte symbolique, pour dénoncer le néocolonialisme, pour alerter l'opinion publique sur cette monnaie qui appauvrit notre continent», a déclaré Kémi Séba.

L'étudiant Alioune Abatallib Sow poursuivi, dans ce même procès, pour complicité, a été également été élargi. Il lui était reproché d'avoir procuré à Kémi Séba le briquet qui lui a permis de brûler le billet de 5000 F Cfa en question. Seulement, face au juge, Alioune Abatallib Sow a déclaré qu'en donnant le briquet à son co-prévenu, il ne pensait pas que ce dernier allait brûler un billet de banque.

Lors de l'audience, le Procureur de la République avait requis une peine de trois (3) mois avec sursis, pour Kemi Seba vu qu'il a regretté son geste et la relaxe pure et simple pour son so-prévenu, estimant que les faits qui étaient reprochés à l'activiste et son présumé «complice» ne nécessitaient pas que les prévenus soient maintenus dans les liens de la détention. Quant à la Bceao, elle demande le franc symbolique.

Les conseils de Kémi Séba et Alioune Abatallib Sow avaient, auparavant, décrit leurs clients comme de «futures autorités et responsables du continent, qui n'ont pas leur place en prison». Suffisant pour qu'ils plaident la relaxe de leurs clients. Pour Me Khoureychi Bâ, le combat de Kémi Séba doit-être soutenu en ce sens qu'il s'agit d'un panafricaniste convaincu qui s'est engagé dans cette bataille «au nom de tous les africains. C'est un combat noble».

Après le délibéré, le juge a relaxé purement et simplement les deux prévenus.

Plusieurs membres de société civile, des artistes et autres inconditionnels ont effectué le déplacement au Palais de justice Lat-Dior de Dakar en guise de soutien au président de l'ONG Urgences panafricanistes, notamment le directeur exécutif d'Amnesty internationale Sénégal, Seydi Gassama et Guy Marius Sagna entre autres défenseurs des droits humains.

Interrogés par iGFM, le rappeur Didier Awadi indique que «Kemi Séba a posé un acte fort.» Alors que son camarade artiste Malal Talla lui est d'avis que «le procès de Kémi Séba n'a pas sa raison d'être».

Sénégal

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