31 Août 2017

Burundi: Une pensée pour nos chers disparus

1965, 1972, 1988, 1993 et plus récemment 2015, l'histoire Burundi a connu bien des dates sanglantes, avec leurs lots de disparus. Profitant de la journée internationale dédiée aux victimes de disparition forcée, la blogueuse Inès Ininahazwe a tenu à rendre hommage à tous ces proches dont on n'a jamais su le dernier sort.

Le 30 Août, le monde commémore la journée internationale des disparus. Le Burundi n'est pas en reste car toutes « ses » crises ont été marquées par des disparitions forcées, laissant orphelins, veufs et la nation en pleurs.

L'Onu a crié, alerté, les organisations des droits de l'Homme ont dénoncé, mais les amis, proches continuent à partir définitivement sans redonner de leurs nouvelles, malgré nos hashtags éplorés.

J'aimerais rendre hommage aujourd'hui à l'homme qui a quitté sa maison en 72 pour chercher de la nourriture pour ses enfants, et n'est jamais revenu. À celui qui est parti après un coup de fil d' « un ami » en 93, laissant toute sa famille à la maison et qui attend toujours son retour.

A ces enfants, qui, à leur tour ont déjà eu des enfants, sans nouvelles de leur père depuis des décennies. Quel était le crime de tous ces disparus ? La forme de leur nez ? Leurs opinions? Qu'importe! Jusqu'à ce jour, les pleurs de leurs proches coulent de l'intérieur. Les cœurs brisés le sont à jamais.

Qui pourra réconforter toutes ces milliers d'âmes noircies par la longue et vaine attente qui s'est peut-être aujourd'hui transformée en une terrible rancune, réclamant à leur tour vengeance ? Les fils sont-ils en train de payer les crimes de leurs pères ? Faut-il vivre ce cycle infernal ? Jusqu'à quand?

Chaque Burundais devrait s'interroger, avoir une pensée pour l'orphelin qui n'entendra plus jamais la voix de son père, ne connaîtra pas la chaleur des bras de sa mère, tous portés disparus.

Certains disent « Agapfuye kabazwa ivu ». Vraiment ? Ne nous accoutumons jamais aux dictons de cet acabit. L'indifférence face à ces crimes est synonyme de complicité.

Les graines de vengeance qu'on sème finiront par se retourner contre nous, sinon contre nos descendants. Personne ne mérite de passer toute sa vie en scrutant le coin de la rue, espérant en vain revoir la figure de son bien-aimé, oubliant lui-même de vivre.

Burundi

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