1 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Hausse de prix du carburant - Le gouvernement s'y oppose

Les sociétés pétrolières veulent augmenter le prix du carburant à la pompe. Mais le ministre de l'Économie, leur interlocuteur direct en cette matière, juge cette mesure de « mauvaise foi » face à tous les efforts fournis pour stabiliser les prix.

Le gouvernement est formel : il n'y a pas de rupture de stock, et donc, pas d'augmentation de prix de carburant. Agir autrement serait de la « mauvaise foi ».

C'est la réponse du ministre d'État, ministre de l'Économie nationale, Joseph Kapika, aux opérateurs économiques du secteur pétrolier, qui se disent ne plus être en mesure d'approvisionner adéquatement la RDC en produits pétroliers.

En effet, dans une correspondance adressée au Premier ministre Bruno Tshibala, le 28 août 2017, le Groupement professionnel des distributeurs des produits pétroliers (GPDPP) se plaint de la « dégradation régulière de la situation financière des sociétés pétrolières » ces derniers mois.

Suite à cette situation financière, les stocks en carburant sont devenus «quasi nuls» chez SEP-CONGO, indique cette correspondance signée par le président du GPDPP, Charles Nikobasa.

Il n'y a pas de rupture des stocks

« Faux », rétorque le gouvernement, à travers son ministre de l'Économie nationale. Face à la presse hier jeudi, Joseph Kapika s'est indigné de l'attitude affichée par les pétroliers.

« J'ai été chez SEP-CONGO, qui a démenti l'information selon laquelle il y aurait rupture des stocks », a-t-il indiqué. « J'insiste, il n'y a pas de rupture des stocks (... ) les pétroliers n'ont même pas raison d'afficher une telle attitude », a-t-il martelé.

Joseph Kapika a donné des raisons qui poussent le gouvernement à s'opposer à la hausse de prix du carburant. « Il y a un mois, nous avons accordé des facilités fiscales aux pétroliers ;

ils n'ont pas payé l'impôt d'un mois afin de résoudre leur problème de trésorerie », a confié le ministre. En plus, les pétroliers ont demandé une dotation pour s'approvisionner en carburant.

À ce propos, poursuit le ministre, « le gouverneur de la Banque centrale du Congo a placé 20 millions de dollars américains dans des banques commerciales.

Mais les banques ont du mal à réunir cette somme en Franc congolais. Nous avons ainsi demandé aux pétroliers de mobiliser les francs dans leur vente. Je ne sais pas à quel niveau ils se trouvent ».

Après tous ces échanges, le gouvernement estime qu'il n'y a aucune raison d'augmenter les prix, dans la mesure où la monnaie locale s'est stabilisée. « Sinon, il serait contradictoire.

On lutte pour la réduction des prix et moi (ministre) j'accorde l'augmentation de prix du carburant ! », s'est étonné M. Kapika.

Quoiqu'il en soit, les pétroliers rappellent à cet effet au gouvernement la nécessité d'actualiser plus rapidement le taux de change dans la structure des prix de leurs produits afin de stopper le déséquilibre financier continu de leurs sociétés.

«Le Gouvernement devrait adopter une mesure exceptionnelle d'urgence: la mise à jour de la structure des prix des produits pétroliers par l'actualisation du taux de change structurel, en l'alignant à un taux de change susceptible de permettre au gouvernement de mettre à la disposition de la profession pétrolière une allocation spécifique en devises fortes», suggèrent-ils dans leur document.

Cette demande a déjà trouvée la réponse avec les 20 millions USD débloqués par la BCC, a rassuré le ministre de l'Économie nationale. Pour lui, les stations qui ont fermé, on sait à qui elles appartiennent.

Celles tenues par des compatriotes continuent de fonctionner, mais les autres cherchent simplement à saboter les efforts consentis par le gouvernement pour stabiliser la monnaie. Et le ministre de s'interroger : contre qui veulent-ils mener cette guerre ?

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