1 Septembre 2017

Kenya: La réélection de Kenyatta entachée d'irrégularités et annulée par la Cour suprême

La nouvelle est tombée comme une bombe. La cour suprême du Kenya annule le scrutin présidentiel du 8 août. Le motif, des irrégularités qui aurait entaché les résultats. Chose plutôt rare sur un continent où les institutions sont plus souvent au pas des dirigeants. Le Kenya qualifié d'une démocratie en Afrique de l'Est inscrit ainsi une nouvelle page de sa démocratie avec cette élection présidentielle annulée par la cour suprême. Comment comprendre cette décision de la cour suprême du Kenya d'annuler l'élection présidentielle du 8 août ? Retour sur quelques points d'un processus électoral compromis.

Au Kenya, le processus électoral s'est déroulé dans le sang

Fin juillet, Chris Msando, ancien responsable de la logistique informatique de l'élection présidentiel au Kenya est retrouvé mort. L'opposition avait qualifié ce décès d'assassinat. Cette disparition brutale mettait en mal le dispositif électoral. Chris Msando, l'homme qui devait le tester venait de disparaître à une semaine du scrutin. Au soir du vote, Raila Odinga affairait que la commission électorale avait été hackée et les résultats truqués.

Peu avant cet assassinat, c'est le domicile du vice-président William Ruto (adversaire du président Kenyatta en 2007) qui subissait une attaque. Attaque dont les auteurs sont restés jusqu'ici inconnus. Un climat de peur qui a conduit a un scrutin jugé à priori satisfaisant par plusieurs observateurs internationaux !

Un scrutin mal jugé par les observateurs internationaux ?

Presque à l'unanimité, au soir du vote, les déclarations faisaient état d'un scrutin apaisé et sans grandes irrégularités. Certaines institutions s'y baseront plus tard pour faire pression sur l'opposant Odinga qui envisageait une contestation de rue. Par la voix de ses observateurs - dirigés par Thabo Mbeki, ex-président sud-africain -, l'Union Africaine avait jugé le scrutin « très crédible ».

La décision de la cour suprême ce vendredi est une belle gifle pour la commission électorale qui aurait trop vite statué. Alors que l'opposition dénonçait un hacking ayant permis de frauder les résultats, les messages de félicitation n'ont pas tardé à l'endroit du président déclaré réélu, Kenyatta. Au rang de ces soutiens, la Grande-Bretagne par la voix de son ministre des affaires étrangères ; sans oublier les pairs africains d'Uhuru Kenyatta.

Raila Odinga renonce à la rue sous la pression

Aux lendemains des résultats, l'opposant Raila Odinga subit une forte pression internationale. Lui qui envisageait des contestations de rue s'est vu phagocyté de part et d'autres de la région. Au sein de la coalition Super Alliance Nationale (NASA), deux camps se sont opposés. Les va-t'en-guerre et les modérés. Ces derniers l'emporteront, avec l'avantage de la pression internationale qui ne voulait plus de bain de sang au Kenya.

Raila Odinga est appelé par plusieurs chefs d'Etats de la région. Une délégation de médiateurs envoyée par Thabo Mbeki, l'ex-présent sud-africain avait achevé le travail. Raila se ravise et décide enfin de s'en remettra à la cour suprême. Ce 1er septembre, l'opposant ne regrette pas d'avoir fléchi sous la pression.

Satisfaction de l'opposition, incertitude pour le Kenya

Des cris de joie ont accueilli la décision de la cour suprême dont le président, David Maraga, annule la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta donné vainqueur avec 54,27% des voix au soir du 8 août et qui veut laisser les « kenyans décider ».

Aux lendemains de l'élection contestée, une répression policière avait fait plusieurs morts. 10 selon la police, une centaine selon l'opposition. Des organisations de défense des droits de l'Homme en dénombraient une vingtaine, la semaine suivant l'élection. En 2007, des milliers de personnes ont été tuées dans les violences post-électorales. Ce que le Kenya n'a pas fini d'oublier. Ce qui pourrait faire craindre un regain de tension après l'annulation de la présidentiel du 8 août dernier, si jamais les frustrés décident de ramener la contestation dans la rue.

Sérénité à la Cour suprême malgré la présence policière

Ce 1er septembre, c'est sous bonne garde policière que la Cour suprême a prononcé l'annulation de l'élection présidentielle du 8 août. La présence policière n'aura donc pas empêché les juges de la Cour de prononcer leur verdict, en défaveur du président sortant. Un acte de courage que d'autres cours n'auraient pas réussi à poser.

Il y a cinq ans, cette même cour déboutait l'opposant Raila Odinga. Si la décision de la Cou

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