4 Septembre 2017

Mali: L'ONU et l'application de l'accord de paix d'Alger au Mali - Le tout n'est pas de prendre des sanctions...

« Il n'est jamais trop tard pour bien faire » ! C'est le moins que l'on puisse dire, au regard de la fermeté dont fait montre l'ONU face aux différents protagonistes de la crise malienne.

En effet, suite aux violations répétées du cessez-le-feu par des groupes armés signataires de l'accord de paix d'Alger, le Conseil de sécurité a décidé de siffler la fin de la récréation en mettant à exécution ses menaces de sanctions dont on entend parler depuis plus d'un an.

Réuni en urgence ce 5 septembre 2017, il doit se prononcer sur d'éventuelles sanctions applicables contre tous ceux-là qui, par leurs faits et gestes, se montreraient hostiles à la paix.

En d'autres termes, si le texte est adopté, tous ceux qui violeront le cessez-le-feu ou empêcheront la circulation des convois humanitaires, pourraient subir des sanctions financières ou une interdiction de voyager.

Pour qui connaît l'incurie et les pitreries des protagonistes de la crise malienne, de telles sanctions n'avaient que trop tardé ; tant elles contribueront, du moins on l'espère, à dissuader certains pêcheurs en eaux troubles qui ne veulent pas d'un retour à la normale au Mali. Et c'est peu dire !

Car, on le sait, ils sont nombreux les groupes armés qui écument le septentrion malien et qui vivent de trafics et de contrebandes de tous genres, si fait que pour eux, le retour de la paix est synonyme de la fin des haricots.

Dès lors, on comprend pourquoi, tel un puzzle, le dossier malien apparaît des plus complexes puisque la résolution d'un problème entraîne toujours la naissance d'un autre plus coriace. C'est en cela donc qu'il faut saluer l'initiative du Conseil de sécurité de l'ONU qui ne veut plus se laisser conter fleurette. C'est tout à son honneur.

L'ONU joue gros

Et c'est tant mieux s'il a décidé de prendre ses responsabilités, face aux pantalonnades et volte-face sans cesse répétées des acteurs de la crise malienne.

Mais le tout n'est pas de prendre des sanctions. Il faut mettre un point d'honneur à les appliquer. C'est seulement à ce prix que l'on pourra faire bouger les lignes au pays de Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) aujourd'hui presque sous coupe réglée des groupes armés.

En témoigne la ville de Kidal devenue le fief des irrédentistes qui, en plus de narguer les autorités de Bamako, ne donnent pas l'impression d'avoir totalement rompu les ponts avec les djihadistes, en l'occurrence Iyad Ag Ghali et sa bande de criminels.

En tout cas, en refusant de rester les bras croisés face aux turpitudes de certains protagonistes de la crise malienne, l'ONU joue gros. Car, de l'efficacité des sanctions qu'elle prendra dépendra sa crédibilité.

Car, si elle échoue à faire entrer les ennemis de la paix dans les rangs au Mali, elle aura de la peine à se faire entendre en RCA où sévissent également de nombreux groupes armés qui, comme au Mali, exercent aussi de graves violences sur les civils.

Osons donc croire que l'ONU ne se contentera pas cette fois-ci des effets d'annonce, comme elle en a l'habitude et qu'elle saura mettre en avant l'intérêt supérieur du peuple malien qui n'a que trop souffert.

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