5 Septembre 2017

Burundi - Pierre Nkurunziza et les siens échapperont-ils à la CPI ?

Pierre Nkurunziza rejoindra-t-il la liste des chefs d'Etat africains inquiétés par la Cour pénale internationale ? C'est ce que souhaitent en tout cas les enquêteurs de l'ONU déployés au Burundi suite aux violences électorales. Ils ont invité lundi la CPI à agir. Les proches du pouvoir crient au complot !

Pierre Nkurunziza, prochain compagnon de Laurent Gbagbo et Charles Taylor ?

Pierre Nkurunziza et certains de ses proches ont mené des attaques contre les populations civiles au Burundi. Le rapport présenté lundi par la commission d'enquête de l'ONU dirigé par Fatsah Ouguergouz accuse le président burundais et des responsables de l'armée de crimes contre l'humanité. Cette cruauté se décide au plus haut sommet de l'Etat, souligne le rapport rédigé par la commission qui ne divulgue pas pour l'instant les noms des acolytes de Pierre Nkurunziza.

Au-delà des accusations, la commission formule le vœu de voir Pierre Nkurunziza et ses complices poursuivis par la cour pénale internationale. Et pour cause, ils auraient massacrés les civils opposés au coup de force de 2015 Ayant permis à Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir au détriment des dispositions constitutionnelles préétablies. Cette répression fait plusieurs morts selon parmi lesquels des personnalités politiques de toute tendance confondues et des militaires.

L'accord d'Arusha bafoué par Pierre Nkurunziza dans un bain de sang

En avril 2015, Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de se représenter pour une troisième fois à l'élection présidentielle. Une décision contraire à l'accord d'Arusha et qui suscite des manifestations au Burundi. Selon cet accord, en son article 7, « le président est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels ». Ce que Pierre Nkurunziza foule au pied et réprime toute contestation.

Les premières manifestations contre cette annonce ont fait une vingtaine de morts. S'en suivra une réelle chasse aux sorcières, après les tentatives de putschs manqués. Personnalités politiques de l'opposition et proches du pouvoir soupçonnées sont liquidées. Des militaires aussi. Par centaines, des burundais sont contraints de quitter le pays. Pierre Nkurunziza et ses hommes de mains créent un climat de terreur qui va vite inquiéter la communauté internationale. Réuni en urgence en décembre 2015, réunion où a été décidée la mise en place de la commission d'enquête sur le Burundi.

Une cible fugitive

Si la cour pénale voudrait se saisir du cas Pierre Nkurunziza, elle devra se dépêcher car, le président burundais a annoncé le retrait du pays de la CPI. C'est un retrait qui devient effective dès le 27 octobre prochain. Passé ce délai, la CPI aura du mal à se saisir de ce dossier. Lundi, les réactions du camp Nkurunziza ne se sont pas fait attendre. Des porte-paroles du président accusé ont dénoncé « un rapport motivé ». Ce qui dénote de la rage suscité par ce rapport dans le rang des accusés.

Aussi, peut-on craindre pour la sécurité des juges qui seraient mandatés pour descendre sur le terrain à Bujumbura. Là-bas, Pierre Nkurunziza et sa police meurtrière n'hésitent pas à abattre de sans froid toute personne contestant leur pouvoir. La CPI n'a que moins de deux mois pour se décider et, peut être à la fin, conduire, Pierre Nkurunziza à la Haye, au grand damne du syndicat des présidents africains contre la Cour pénale internationale.

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