5 Septembre 2017

Kenya: Leçons du Kenya - Blâmer les observateurs internationaux ne suffit pas

 En réalité, si les Africains attendent beaucoup des observateurs internationaux, c'est parce qu'ils n'ont pas confiances en leurs propres institutions. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que les observateurs internationaux ne remplaceront jamais les institutions chargées de faire respecter la justice et la loi.

Les observateurs internationaux sous le feu des critiques après que la Cour Suprême du Kenya a annulé les résultats de l'élection présidentielle que ces observateurs avaient jugés « crédible et transparente ». Les plus critiqués sont John Kerry, l'ancien chef de la diplomatie de Barack Obama, qui dirigeait la mission d'observation du Carter Center, et John Mahama, l'ancien président du Ghana, qui lui dirigeait la mission du Commonwealth. Avec leur réputation établie de démocrates, ils ne devraient pas valider une élection visiblement entaché d'irrégularités. Beaucoup d'Africains en viennent à conclure que ces missions d'observation ne servent à rien, ce qui a toujours été le cas.

Mais les Africains ne devraient pas se tromper de cible. Mais même si on critique énormément ces observateurs, ce ne sont pas eux qui amélioreront le système électoral de nos pays. Ce qui fera la différence, c'est l'existence des institutions solides, qui travaillent pour faire valoir l'intérêt commun, et non pas seulement à la coupe de ceux qui sont au pouvoir.

En réalité, si les Africains attendent beaucoup des observateurs internationaux, c'est parce qu'ils n'ont pas confiances en leurs propres institutions. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que les observateurs internationaux ne remplaceront jamais les institutions chargées de faire respecter la justice et la loi.

La solution : Renforcer les institutions

Ce qui a fait que cette courageuse décision de la Cour Suprême soit possible au Kenya est que la justice y est plus ou moins indépendante. Mais comme le souligne l'éditorialiste Charles Onyango-Obbo, l'indépendance des juges a été possible aussi parce qu'une autre institution importante, l'armée, est aussi indépendante et ne s'ingère pas dans les affaires politiques pour soutenir tel ou tel parti. « Les juges au Kenya peuvent se prononcer contre les élections présidentielles en sachant qu'ils ne sortiront pas pour trouver un blindé pointant son canon à la porte de la Cour, comme cela se produirait dans certains pays », écrit Onyango-Obbo.

Si les Africains ne sont pas contents de l'état de leurs élections, ils n'ont qu'à se battre pour la mise en place des institutions vraiment indépendantes.

Le jour où les Africains amélioreront la qualité de la justice, de l'armée, de la police et de la Commission électorale de telle sorte que ces institutions assurent pleinement leur rôle en toute indépendance, les observateurs internationaux ne seront plus nécessaires. Et leurs rapports n'auront plus « force de loi » comme cela semble le cas actuellement.

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