5 Septembre 2017

Sénégal: Et les caresses irritèrent !

revue litteraire

On l'a appelé amour ! Ça polit les mœurs. Et puis, on se livre à des plaisirs avec cette impression exaltée d'avoir été plus « humain » que le coq et la poule, le baudet et la bourrique, la chèvre et le bouc... qui ne s'encombrent point de douceur ou du moins telle que nous la concevons.

L'espèce humaine, esprit intrigant, elle, donne de l'apprêt à ses tendresses les plus affectées. Hormis, bien sûr quelques créatures égarées que la violence émoustille et que la tendresse répugne. Toutefois, mon propos n'est pas destiné à accabler ces individus de conduite aberrante. Leur conscience, pour ceux qui en ont, les assaille suffisamment avec la certitude de ne jamais parvenir un jour à conquérir l'estime de la société. D'autres, bourrelés de remords, croupissent dans les geôles. Ces larves, dans leur solitude méritée, se reprochent (pas toutes) cette courte jouissance coupable qui a bouleversé des vies, celles de leurs victimes, qu'elles ont souillées de leur vilenie.

Il s'agit plutôt de nous qui prétendons aimer tendrement. Qui caressons, embrassons avec une folie enivrante et avec une douceur apaisante, berçons avec des mots l'âme sœur afin qu'elle se « laisse aller »... Hélas, cette extase est devenue si éphémère que nos appréhensions légitimes nous empêchent même de savourer ce court instant. Ce sentiment est si étrange. Nous cédons à l'ivresse de l'amour avec effusion. Et puis viennent les chamailles, l'agacement, le mensonge, les intrigues, les douloureuses séparations, le déchirement... C'est comme si, ensemble, nous signions un contrat tacite fixant le temps de jouissance et de supplice physique et moral. Ce que nous nommons amour sème une angoisse qui s'empare de notre âme.

Ce sentiment si doux ressemble plus à des défis que nous nous lançons, à un exutoire humanisant de nos plaisirs de la chair. L'amour, on en a fait une acquisition qui ne requiert pas grand soin. C'est comme une vente aux enchères. Le produit excite les egos. Après obtention, nous nous rendons compte de la surenchère, de la supercherie, non pas parce que la denrée s'est subitement transformée en camelote mais par le fait de la coupable excitation à laquelle nous nous sommes abandonnés et du challenge que notre égotisme nous invitait à relever. Nous désirons et aspirons à posséder. C'est un truisme. Nous aimons-nous ? C'est la grande question de nos temps embrumés.

Napoléon Bonaparte n'est pas parvenu à dissiper cette confusion. Il dit dans un premier temps ceci : « L'amour est le maître de l'homme... l'homme, privé d'amour, prend conscience de sa faiblesse... grâce à l'amour, l'âme se serre, se double, se fortifie... ». Et pourtant quelques années plus tard, l'empereur décline une autre vision de l'amour : « Je fus jadis amoureux et il m'en est resté assez de souvenir pour que je n'aie pas besoin de ces définitions métaphysiques qui ne font qu'embrouiller les choses. Je vous dis plus que de nier son existence. Je le crois nuisible à la société, au bonheur individuel des hommes, enfin je crois que l'amour fait plus de mal et ce serait un bienfait d'une divinité protectrice que de nous en défaire et d'en délivrer le monde ».

Profitez du temps présent ! Le « je t'aime » s'effrite face aux irrépressibles désirs et face aux offensives répétées des nouveaux défis ; cet instant où les caresses irritent après les délices, ce moment où on ne reconnaît plus son homme, sa femme. Il y a un challenge excitant quelque part !

Sénégal

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