7 Septembre 2017

Burkina Faso: Conseil supérieur de la communication - La présidente déférée

Photo: fasozine
La présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC), Nathalie Somé,

Depuis hier mercredi 06 septembre 2017, Nathalie Somé, la présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC), est écrouée à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

Son directeur financier, Souleymane Séré, l'y avait précédée la veille. Il leur est reproché la gestion des crédits alloués aux activités de couverture médiatique des élections présidentielle et législatives couplées du 29 novembre 2015.

Hier en début d'après-midi, la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre : Nathalie Somé, la présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC), a été placée sous mandat de dépôt à la MACO. Son incarcération est intervenue 24 heures après celle de son directeur financier, Souleymane Séré.

Au stade actuel, rien n'a filtré officiellement des motifs de ces arrestations mais tout indique qu'elles sont liées à la gestion jugée «peu orthodoxe» des fonds alloués au CSC pour assurer une couverture médiatique optimale des élections présidentielle et législatives couplées du 29 novembre 2015.

Comme cela se passe depuis un certain temps, à l'occasion de chaque scrutin, des crédits sont accordés au CSC pour qu'il organise et planifie la couverture médiatique et apporte un soutien financier et matériel aux organes de presse (privés et publics) pour faciliter leur travail, de la campagne électorale jusqu'à la publication des résultats du vote.

C'est la gestion de cette manne mise à la disposition du CSC pour les élections couplées du 29 novembre 2015 qui a été, anonymement, dénoncée à l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC) par certains agents du CSC.

C'est ainsi que les fins limiers de l'Autorité sont entrés en action afin d'investiguer sur ces allégations de malversations. Après avoir épluché les comptes de l'institution, les inspecteurs de Luc Marius Ibriga, le contrôleur général d'Etat, ont conclu que la présidente du CSC avait dissipé la bagatelle de 650 millions de nos francs.

L'affaire avait fait les choux gras de certains médias. Et Nathalie Somé avait demandé, en vain, une contre-expertise. En fait, la loi ne permet pas de contre-expertiser les travaux de l'ASCE-LC.

La gendarmerie également s'était penchée sur les comptes du CSC et avait abouti aux mêmes conclusions que l'ASCE-LC. Depuis, la justice s'est saisie de l'affaire et les suites sont les deux incarcérations qui viennent de s'opérer.

Face aux informations qui l'accusaient d'avoir dissipé 87% du budget Presse alloué au CSC pour les élections du 29 novembre 2015, Nathalie Somé, en mai dernier, s'était ainsi défendue devant les journalistes : «Je pense que vous auriez dû directement poser la question à l'ASCE-LC.

Mais, je vais juste faire remarquer ceci : ils ont dit que ce sont des malversations à hauteur de 87,5 pour cent sur le budget alloué par l'Etat pour organiser au mieux la couverture médiatique des élections couplées législatives et présidentielle de 2015.

Vous pensez qu'on peut faire des malversations de cette hauteur-là et pouvoir organiser les élections ? Si ma mémoire est bonne, il n'y a pas cette autorité nationale ou internationale qui n'ait félicité le CSC pour la couverture médiatique de ces élections.

En tout cas, il y a eu une mention honorable qui nous a été faite et même le Président de la Transition à l'époque, Michel Kafando, n'a pas manqué de féliciter officiellement les médias pour la bonne tenue de la couverture médiatique de ces élections. Je suis vraiment étonnée de ce taux, et c'est pour ça je dis que l'ASCE-LC pourrait mieux l'expliquer, sinon à mon sens cela ne s'explique pas.

Au-delà même des félicitations que nous avons reçues de façon globale et de la part de la communauté internationale, pour ceux qui sont venus en tout cas faire l'observation de ces élections, nous avons reçu des diplomates, des représentants de la société civile qui sont venus nous féliciter. Je ne sais pas à quoi ce résultat de l'enquête de l'ASCE-LC tient, et je pense que l'ASCE-LC est mieux habilitée pour dire de quoi il retourne.»

Nathalie Somé et son DAF à la MACO, il n'est pas impossible que d'autres personnes les y rejoignent. Dans tous les cas, il faut espérer que le droit sera dit et que la responsabilité des uns et des autres sera établie.

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