6 Septembre 2017

Kenya: Changement au sein de l'Iebc - Raïla Odinga gagnerait à faire profil bas

Depuis l'invalidation de la présidentielle kényane par la Cour suprême, on assiste à une véritable course contre la montre. En effet, quatre- vingt-seize heures après cette « décision historique » qui aura fait couler beaucoup d'encre et de salive, une nouvelle date, à savoir le 17 octobre, a été annoncée pour la reprise du scrutin, avec en lice les deux principaux protagonistes que sont Uhuru Kenyatta et Raïla Odinga.

Et ce n'est pas tout. Car, très critiquée, la Commission électorale (IEBC) a procédé à la nomination de sept hauts responsables chargés d'organiser la nouvelle élection présidentielle. Ces derniers, selon toute vraisemblance, occupent les postes des membres dont l'opposition exigeait le départ à cor et à cri.

Certes, l'ancienne équipe dirigée par Ezra Chiloba n'a pas été totalement renvoyée, mais ses marges de manœuvres ont été drastiquement réduites. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'agit là d'une grosse avancée qui traduit, du moins on l'espère, le souci de tous les acteurs d'aller vers une présidentielle apaisée et transparente, qui éviterait le pire au Kenya. On a tout lieu de se féliciter parce que le président sortant, Uhuru Kenyatta, qui refusait tout remaniement de la Commission électorale semble in fine avoir mis de l'eau dans son vin.

Etait-ce parce que son challenger menaçait de boycotter le scrutin du 17 octobre prochain ? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que de la Commission électorale à la Cour suprême en passant par les deux candidats, personne n'a droit à l'erreur. Le monde entier les regarde.

Les nouveaux hauts responsables nommés doivent travailler à mériter la confiance de tous

C'est pourquoi donc, Raïla Odinga se doit aussi de faire profil bas en ne donnant pas l'impression que ses propres intérêts priment ceux du peuple kényan. Sa préoccupation principale qu'est la recomposition de l'IEBC ayant été prise en compte, il n'y a pas lieu de continuer à ruer dans les brancards.

Car, à vouloir trop tirer sur la corde, il finira par briser le capital de sympathie dont il bénéficie auprès de l'opinion nationale et internationale. Cela dit, la date de la prochaine présidentielle étant connue, la Cour suprême qui, en principe, dispose de 21 jours pour publier son rapport à partir de la date du rendu de sa décision, gagnerait aussi à hâter le pas.

Car, comme on le sait, pour ne plus répéter les mêmes irrégularités, il faut que la Commission électorale sache exactement ce qui doit être amélioré. En clair, il s'agit d'un nouveau compte à rebours qui est ainsi lancé. Le temps presse, la campagne électorale aussi.

En tout cas, les nouveaux hauts responsables qui viennent d'être nommés à la tête de la Commission électorale, doivent travailler à mériter la confiance de tous les acteurs en ne donnant aucunement l'impression de rouler pour l'un ou l'autre des camps.

C'est à ce prix qu'ils pourront travailler sereinement et faire en sorte que les résultats qui sortiront des urnes, le soir du 17 octobre prochain, ne fassent l'objet d'aucune suspicion ni contestation. S'ils réussissent là où les autres ont échoué, ils entreront dans l'histoire par la grande porte et le peuple kényan le leur revaudra.

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