6 Septembre 2017

Cameroun: La menace de la contrefaçon

Dans les marchés, notamment ceux des régions frontalières, le phénomène prospère, en dépit des actions de lutte

Le design est similaire à s'y méprendre. Même forme d'emballage, même fond rouge, mêmes caractères des lettres. Et même le prix, plus bas que ceux normalement pratiqués, n'avait pas de quoi spécialement intriguer les clients peu vigilants.

Quelques semaines déjà, que par centaines, ces cartons de produits « Coldent » (brosses et dentifrices), imitations à peine déguisée de la marque « Colgate », s'écoulaient dans les marchés à Garoua.

Entre les clients distraits se laissant abuser par la physionomie ressemblante et ceux achetant en toute connaissance de cause du fait du prix, ces produits de contrefaçon se portaient plutôt bien. Après des descentes sur le terrain, les produits illicites ont été saisis et détruits par les autorités locales du ministère du Commerce. La énième opération du genre, depuis le début de l'année 2017, sans que, pour autant, le phénomène ne soit endigué.

Car dans une région ayant des frontières avec trois pays dont le Nigeria, la circulation des produits de contrefaçon à Garoua n'est que la partie visible de l'Iceberg. Au top 10 des produits contrefaits commercialisés, l'on enregistre principalement le sucre, les produits cosmétiques, les liqueurs, les matériaux de construction, les produits textiles, les cigarettes, les produits pharmaceutiques, les stylos à bille, les brosses et dentifrices ou encore des produits alimentaires.

Pour la plupart, ils entrent par les zones frontalières avec le Nigeria, où ils sont d'abord vendus dans les marchés périodiques locaux, avant d'être ventilés dans la capitale régionale et plus tard, hors de la région, y compris dans la partie méridionale du pays. Selon M. Dahirou, délégué régional du Commerce pour le Nord, cette volatilité des produits est une difficulté majeure dans la lutte contre la contrefaçon.

Tout comme la subtilité des contrevenants, qui réussissent parfois à faire des produits presque authentiques, difficiles à démasquer. L'autre écueil, c'est la non-disponibilité des normes. Au niveau de la délégation régionale du Minmidt, on confirme disposer d'un index de quelques produits normés, susceptibles donc de faire l'objet de contrôles sur la base de références précises.

Mais, l'ANOR n'ayant pas transmis son index complet de produits normés, cette liste n'est pas complète. Si au niveau régional on n'a pas trouvé de statistiques sur l'impact du phénomène, le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) estime à plus de 300 milliards de F, les recettes que fait perdre la contrefaçon à l'économie nationale.

La parole aux acteurs

Pierre Biyong: « Nous sommes menacés »

Responsable Trade marketing à Sofavinc

« Notre entreprise subit une forte menace, liée à la contrefaçon. Il est important que de tels séminaires soient organisés pour que nous puissions combattre tous ceux qui détruisent le travail bien fait. Nous pensons qu'avec de telles initiatives, nous pourrons combattre ce fléau de façon efficace. Nous participons déjà à un ensemble de foires et séminaires qui nous permettent de faire connaître aux consommateurs l'avantage de consommer des produits bien élaborés ».

Indonjo Yves Laret: « Des mécanismes pour combattre ce fléau »

Chef de la division du développement de la qualité au MINMIDT

« Pour résoudre les problèmes de contrefaçon, nous avons des séances de sensibilisation et des tests réglementaires mis en place pour la chaîne de production. Mais, ces mesures ne sont pas toujours efficaces. Il y a un mécanisme de pré-cahier qui est un programme qui permet de contrôler les produits avant embarquement. A travers ce mécanisme, le gouvernement parvient à maîtriser dans une moindre mesure les produits contrefaits ».

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