7 Septembre 2017

Cameroun: Recrutement de fausses annonces en circulation

Depuis quelques semaines, des faussaires s'amusent à propager des fausses annonces de recrutement pour arnaquer les chercheurs d'emplois. Une méthode qui ne plait guère aux entreprises locales.

Vincent Tchapmi, Jeune chercheur d'emploi fait partie de ces camerounais pris au piège de faux recrutements au Cameroun. Il y a quelques semaines, ce dernier a reçu un SMS d'une amie lui annonçant un recrutement dans la société Chocolaterie confiserie camerounaise (Chococam). En quête de travail, le jeune chercheur d'emploi a donc rapidement constitué les dossiers avant de se rendre compte, qu'il s'agissait d'une fausse annonce. « J'étais vraiment très gêné quand je suis arrivé à la direction de Chococam. Je n'étais d'ailleurs pas le seul. Il y avait également ce jour une dizaine de personnes qui sont venues suite à la fausse annonce. Quand l'un des agents de Chococam nous a fait comprendre que la société n'avait lancé aucun recrutement, nous étions tous étonnés et déconcertés », avance-t-il déçu par cette situation.

Depuis près de deux mois, les fausses annonces de recrutement circulent sur les réseaux sociaux. Tout récemment les entreprises tels que : la Cameroon Postal Services (Campost), la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) et les boulangeries Saker ont également été victimes de ces infractions. Dans la ville économique Douala, de nombreux jeunes à l'instar de Brice Ngoualeu se souviennent de ce message reçu le 5 juillet 2017 sur les réseaux sociaux Notamment Facebook et Whatsapp. « J'ai reçu le message un jeudi soir et je n'ai pas tardé à réunir les éléments nécessaires pour aller postuler », indique-t-il en montrant le message dans son téléphone portable sur lequel est écrit : « Recrutement des vendeuses à Saker Douala. Lieu de dépôt des dossiers : à Saker Akwa derrière salle des fêtes d'Akwa. Besoin de vendeuses pour plusieurs supérettes, 75 000 et 65 000F/mois. Vous serez recruté en fonction de la supérette proche de votre domicile... ».

La réponse des entreprises locales face aux fosses annonces

A la suite de cette fausse annonce, la direction générale de Saker Sarl a publié un communiqué pour démentir la fausse publication d'offres d'emploi. « Il est porté à la connaissance du public qu'une annonce défile en ce moment sur les réseaux sociaux que les Boulangeries Saker auraient lancé un recrutement des vendeuses moyennant un salaire mensuel entre 65 000et 75 000FCFA. La direction générale tient à apporter un démenti formel y afférents à cette annonce dont elle ne connait pas la provenance. Par conséquent décline sa responsabilité pour toutes conséquences liées à cette annonce ». Comme Saker, de nombreuses entreprises locales déclinent leur responsabilité face à ces fausses publications. Le Directeur général de la Campost, Pierre Kaldadak et le Président Directeur général de la Sosucam Louis Yinda, ont rendu public un communiqué sur ces prétendus annonces, faisant état de recrutement dans leur société. Par conséquent, ils appellent les uns et les autres à plus de vigilance.

D'après Roland Saha, étudiant, le but de ces fausses annonces est parfois d'appâter des esprits crédules et leur extorquer de l'argent. « Certains faussaires se servent de cette méthode pour arnaquer les nécessiteux. A cause du chômage de plus en plus croissant dans le pays, les chercheurs d'emploi sont parfois pris au piège de ces escrocs », relève Roland Saha. Le jeune homme de 25 ans est l'une des victimes de ces fausses annonces de recrutement. « Il y a trois mois, je suis tombé dans l'un de ces pièges. Et j'ai dépensé près de 50 000FCFA pour obtenir une place dans une entreprise locale », explique-t-il dégouté par sa mésaventure.

A la délégation régionale du ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (Minefop), l'on apprend qu'aucune disposition n'a encore été prise pour réguler ce secteur. Seulement, les agents du Minefop se contentent d'interpeller les entreprises et les personnes victimes des offres d'emploi frauduleux en ligne. « Ce que nous faisons, c'est passer des communiqués, pour plus de vigilance. Lorsqu'on voit des annonces d'offres d'emploi publiées sur les réseaux sociaux ou encore sur les plateformes de publicité physique, on essaye souvent de prendre contact avec les entreprises concernées », avance Roger Tongui du Minefop, également Administrateur principal du travail.

Au mois de janvier de cette année, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications montait au créneau sur les antennes de la télévision publique, la Cameroun radio télévision (CRTV). Elle annonçait le lancement d'une campagne de sensibilisation contre la propagation des fausses nouvelles sur Internet. Pour la ministre, les fausses nouvelles ont fait leur nid dans le cyberespace camerounais. Et leur propagation est de nature à déstabiliser le Cameroun.

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