7 Septembre 2017

Guinée: Construction anarchique à Conakry - Un spécialiste pointe un doigt accusateur sur l'Etat

interview

Force est de constater que Conakry, la capitale guinéenne qu'en cette période d'hivernale, des routes sont inondées d'eau, les caniveaux sont bouchés.

Et cela provoque une grande dégradation des voies principales. Certains bâtiments connaissent également des énormes erreurs de constructions qui sont un danger permanent pour les populations guinéennes.

Cécé Michel Haba, spécialiste en construction de bâtiment a accordé cette semaine une interview exclusive à notre rédaction au cours de laquelle, il a largement dénoncé des tares dans le domaine de certaines constructions illégales dans le pays.

Lisez !

Aminata.com : En tant que spécialiste à la matière, pouvez-vous nous expliquer les facteurs d'erreurs des constructions infrastructurelles que connaisse la Guinée ?

Cécé Michel Haba : Il faut le dire que bien sûr, il y a des problèmes qui se posent au niveau des caniveaux. Le premier problème, c'est que pendant l'exécution des routes, il se peut que certaines soient sous-dimensionnées.

Donc, la largeur qu'il faut pour le caniveau n'est pas respectée et, quand la largeur n'est pas respectée le taux d'éboulement des eaux ne se passera pas comme, ça se doit.

Ça fait que la dimension du caniveau devient très peu par rapport à la quantité d'eaux. Le second facteur, c'est l'habitation, l'erreur revient beaucoup plus à l'habitat parce que les gens qui sont en bordure de route prennent les caniveaux comme des poubelles.

Ce sont des individus qui, à l'occasion d'une forte pluie, ne profitent pour aller déverser leurs ordures dans ces caniveaux.

La quantité d'ordure versées qui achemine avec l'eau de pluie, arrivé à un certain niveau, ça ne peut plus passer. C'est ainsi que les ordures bloquent le passage de l'eau, et l'eau après déborde dans le caniveau et bien sûr le chaussé. Cela provoque une forte dégradation des routes.

Aminata.com : Les maisons sont souvent construites en bordure des mers. Est-ce que ces genres de constructions n'en auront pas de conséquences dans le futur ?

Cécé Michel Haba : Par rapport à ces genres de construction en bordure des mers, normalement, il faut laisser une distance importante entre la mer et l'habitation en ce sens qu'il faut comprendre que ce n'est pas seulement ceux qui construisent des immeubles en bordure de mer qui ont besoin de l'air.

L'habitation aussi en a besoin aussi. Mais quand ils construisent, ils bloquent l'air qui devrait venir au niveau de certaines habitations qui sont complètement reculées d'eau de mer

Il y a aussi le problème technique, quand on doit construire des immeubles au bord de la mer, il y a beaucoup de précaution qu'il faut prendre parce que là, il faut faire un système de fondation pour ne pas que le bâtiment soit instable.

On a assisté au même problème à ex-palmier, un domaine qui appartenait au camp Boiro. Ils avaient fait une construction qui devrait être R+4, après la construction, on s'est rendu compte que la fondation du bâtiment était attaquée par les eaux de mer.

Il faut savoir que les eaux sont très violentes, elles sont salées. Avant d'abord de constater, ils avaient déjà fini de construire le bâtiment, le closo 8 est fini jusqu'au niveau de la toiture.

Après les travaux se sont arrêtés, ça ne restait que des petits travaux de finition, d'électricité, de plomberie, de peinture, c'est tout ce qui restait. Après quelques temps, la présidence avait demandé de faire un audit sur le bâtiment.

L'audit a été fait, je me réserve de dire le nom de l'entreprise qui a construit et l'entreprise qui a fait aussi les audits. Mais, ce que je sais les travaux d'audits ont été effectués. On est allé jusqu'à creuser au bord des poteaux pour retrouver la semelle.

On a vu que la semelle n'était pas du tout protéger. Le système de fondation n'a pas réussi parce que les semelles étaient complètement attaquées par les eaux de mer.

Et, généralement quand une semelle n'est pas protégée, elle est fortement attaquée par des eaux de mer, les armatures qui sont à l'intérieur de la semelle, l'eau a pénétré à travers les parois du béton de la semelle.

Comme ça, les armatures qui sont à l'intérieur de la semelle ou des poteaux amoches sont attaqués des eaux.

Et, quand ils sont attaqués par des eaux, ça cause la corésion , et quand une armature est crollée sa résistance diminue et ainsi le bâtiment devient instable et, cela provoque l'écroulement du bâtiment. Ce qui est extrêmement dangereux.

Il faut respecter la limite de la mer. Parce que vouloir beaucoup pousser l'eau de la mer, il peut y avoir des conséquences négatives à la longue. Ce sont des choses qui sont vraiment imprévisible. On ne sait pas quand l'eau va réagir.

Aminata.com : Que dites-vous des constructions anarchiques qu'on constate dans le pays en générale ?

Cécé Michel Haba : Aujourd'hui la construction des bâtiments est devenue une question de relation. Par exemple pour avoir un contrat de construction dans la main de l'Etat, d'une institution ou d'un particulier, il faut avoir une certaine relation.

Et, de nos jours même des commerçants, des économistes ont tous créé des entreprises de construction. Or, il faut le dire que ces hommes d'affaire n'ont aucune expertise dans le domaine de la construction. Et, là, je pointe un doigt accusateur sur l'Etat qui ne ménage aucun effort pour stopper ces genres de construction d'imposture dans notre pays.

Nous ne sont pas contre, mais la conséquence est que ces hommes n'ont besoin que d'argent. C'est ce qui les intéresse.

Donc, ça fait que quand ils ont un contrat de construction, le plus important, c'est comment avoir son énorme. Mais, le malheur est qu'ils ne prennent pas en compte les calculs de structures, la dimension des éléments porteurs qu'il faut pour supporter très bien les charges et les repartir au niveau de la terre.

Ils ne respectent pas tout cela. C'est pourquoi souvent avec eux, les éléments qui sont toujours sous-dimensionnés notamment les poteaux et aussi les dosages. Il faut le dire que cela ne permet pas au bâtiment de résister plus longtemps qui d'ailleurs, demeure et reste un danger permanenta pour ceux qui vont l'habiter.

L'entrepreneur, lui ce qui l'intéresse si l'ingénieur n'est pas chers et qu'il soit bon ou pas, ce n'est pas son affaire, il suffit juste à ce dernier de faire son affaire. Donc, il le prend comme il est moyen chers et puis il a une grande quantité d'argent comme bénéfice. Le reste, ce n'est pas son problème même, s'il y a des risques dans le futur.

Je ne dis pas qu'il faut forcement laisser tout le travail aux ingénieurs, mais il faut que l'Etat prennent ses dispositions pour surtout contrôler techniquement pour certains bâtiments en construction, sinon, on se retrouvera dans une merde absolue dans le futur.

Même quand le bâtiment appartient à un particulier, il faut que l'Etat tâche de mettre les mesures en place pour que le bâtiment X qui doit être construit, soit suivi à la lettre du début jusqu'à la fin parce que si un bâtiment est très mal construit, il devient une tombe pour les futurs habitants.

Aminata.com : Dites-nous vos réalisations dans le domaine de construction des bâtiments ?

Cécé Michel Haba : J'ai travaillé dans pas mal d'entreprises de construction et dans les bureaux d'études. Quand j'étais étudiant, j'ai commencé à travailler avec une entreprise libanaise de la place. On a construit une résidence de R+8 à la Camayenne.

Nous avons fait une construction de bâtiment en titre commercial et à titre habitation à Madina.

Sans oublier que j'ai également participé à construit un bâtiment à l'usage d'habitation et commercial à Mafanco.

De là, j'ai aussi participé à la construction de l'entrepôt du Mali en Moyenne-Guinée.

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