7 Septembre 2017

Togo: Sortie du PM togolais sur les réformes politiques en cours - Quand Faure se fait fort de foncer droit dans le mur

Photo: Telegramme228
Manifestation de l'opposition au Togo

Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ! En effet, après la mobilisation monstre de l'opposition politique togolaise, les 6 et 7 septembre derniers, plus d'un observateur croyait que la majorité présidentielle allait enfin se résoudre à aller dans le sens de la volonté du peuple, c'est-à-dire le retour à la Constitution de 1992 qui prévoyait la limitation des mandats présidentiels à deux.

Mais hélas ! La sortie du Premier ministre togolais, Komi Sélom Klassou, sur les réformes en cours, laisse dubitatif quant à la réelle volonté du pouvoir togolais d'accéder à la requête du peuple. En clair, l'on a pu comprendre que des réformes, il y en aura, mais celles-ci disposeront pour l'avenir.

En français facile, Faure Gnassingbé pourra bel et bien briguer un autre mandat dans son pays. Morceaux choisis : « Lors des discussions, l'exigence de certains dans l'opposition, c'est qu'une fois la réforme opérée, elle soit rétroactive. Ce qui veut dire que si un citoyen togolais avait été déjà élu et avait fait deux mandats, la réforme s'impose à lui.

Ce qui est contraire au droit », a lancé tout de go le chef du gouvernement togolais depuis Abidjan, en Côte d'Ivoire. Pour réel qu'il puisse paraître, l'argument est trop court et spécieux. Et c'est vraiment dommage pour la majorité présidentielle qui ne cesse de faire montre d'une myopie politique déconcertante.

Pourquoi, diantre, celle-ci s'obstine-t-elle à aller contre le cours de l'Histoire ? En fait, le véritable problème au Togo, c'est la soif d'alternance. Et cela, Faure le sait, la Majorité présidentielle aussi. Le peuple veut tourner la page d'une dynastie vieille de 50 ans, qui continue de faire lambiner le destin de près de huit millions de citoyens.

Il est temps pour Faure de quitter les affaires avant qu'elles ne le quittent

Le locataire du Palais de Lomé II semble déterminé à perpétuer cette dynastie contre vents et marées. Mais Faure, en jouant avec le feu, ne sait pas qu'il finira par se brûler les doigts.

Il ne faut pas qu'il se laisse distraire par les Raspoutine qui gravitent autour de lui, ces resquilleurs possédés par la soif démentielle des honneurs et du pouvoir, plus préoccupés à défendre leurs intérêts que ceux du peuple, à moins de vouloir foncer droit dans le mur.

De toute évidence, lorsque le bateau présidentiel chavirera, ces courtisans seront les premiers à quitter le navire et à vouer le régime aux gémonies.

Cela dit, le jeune Faure ne doit pas succomber aux chants des sirènes et se montrer homme d'Etat, car comparaison étant ici raison, tous les signaux laissent croire qu'il est en train de se tailler un cynique destin semblable à celui de son conseiller et ami Blaise Compaoré, l'ancien président du Burkina Faso, qui, sourd aux appels de son peuple, a dû quitter Ouagadougou sur la pointe des pieds.

Gnassingbé-fils voudrait sortir aussi par la petite porte qu'il ne se conduirait pas autrement. Du reste, tout observateur des secousses telluriques qui font vaciller le Togo actuellement, sait que la fin de ce régime n'est plus qu'une question de temps si Faure s'entête et fait la sourde oreille. En tout cas, l'opposition qui, assurément, tient le bon bout, doit maintenir la pression sur le régime, même au prix du sacrifice suprême.

Quant à Faure, il gagnerait à travailler à laisser une bonne empreinte dans le grand registre de l'histoire plutôt que de se faire chasser tel un malpropre.

Car, il est temps pour lui de quitter les affaires avant qu'elles ne le quittent. A la fin de son mandat actuel, il aura eu 15 longues années pour faire ses preuves à la tête de l'Etat. L'heure est venue pour lui de passer la main.

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