7 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Décès Mobutu - 20 ans après, le pays se cherche toujours

Photo: wikipédia
Maréchal Mobutu Sese Seko

Il avait dirigé son pays d'une main de fer pendant 30 ans. Sa voix résonnait jusqu'au fin fond de la forêt et sa toque de léopard autant que son bâton de maréchal étaient visibles à mille lieues de Kinshasa.

Mais c'est presque en paria qu'il termina son parcours terrestre, bien loin de son village natal de Lisala. Lui qui luttait depuis des années contre un cancer et contre les rebelles de Laurent Désiré Kabila, soutenus par le Rwanda et l'Ouganda, avait dû souffrir des affres d'un exil au Maroc où il est mort quelques mois seulement après avoir été chassé du pouvoir.

Hier, cela faisait 20 ans exactement que Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, né Joseph Désiré est décédé.

« Le guerrier qui vole de victoire en victoire sans que personne ne puisse l'arrêter » - c'est la traduction de son nom kilométrique - avait pourtant dû plier l'échine après 30 ans de règne sans partage fait au départ de splendeur, avec notamment la politique d'africanisation et d'authenticité qui a vu naître « l'abacost », avant que celui qui passait pour le roi du Zaïre ne sombre dans une dictature féroce et ne se mue en véritable prédateur des richesses nationales, au point qu'on l'ait affublé du sobriquet peu reluisant de « coffre-fort ambulant ». C'est donc d'un pays exsangue, aussi bien économiquement que politiquement, qu'hérite Mzee.

Mais deux décennies après, nombreux sont les Congolais qui en viennent à regretter le dictateur à la toque de Léopard, à l'image de ceux qui sont allés se recueillir au cimetière chrétien de Rabat où repose encore sa sépulture que ses partisans ne désespèrent pas de voir rapatriée un jour.

Une partie de ses compatriotes regrettent d'autant plus le despote que, depuis 20 ans qu'il a disparu, le pays ne se porte guère mieux, bien au contraire ! Car à la dictature brutale de Mobutu a succédé l'autoritarisme plus soft des Kabila père et fils.

Et le clan des « Mobutu light », ainsi que l'avait méchamment surnommé Jeune Afrique, s'illustre lui aussi par l'accaparement des richesses et la gestion monopolistique du pouvoir.

Pire, entre les récurrentes rebellions dans les provinces du Kivu, les massacres de l'armée et des miliciens de tout poil dans le Kasaï, le pays part en lambeaux, la seule préoccupation du locataire du palais de la Nation étant de s'accrocher à son fauteuil, même si le Congo devait sombrer avec lui.

Au moins, du temps de Mobutu, le pays était tenu et même les singes de « Lola ya bonobo », le paradis des bonobos à Kinshasa, et les gorilles des montagnes savaient qu'il y avait un chef. Et c'était déjà ça de gagné.

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