8 Septembre 2017

Kenya: PNUD - La privation, la pauvreté et la répression de l'Etat sont des facteurs qui conduisent les jeunes vers l'extrémisme

Libreville — La privation et la marginalisation, soutenue par une mauvaise gouvernance, sont les premières causes qui poussent les jeunes africains à se lancer dans la violence extrémiste, selon un nouveau rapport publié par le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

L'agence onusienne a déclaré, ce mercredi, que ce rapport, qui est le premier en son genre, est basé sur des entretiens effectués auprès de 497 recrus volontaires par des organisations terroristes telles que Al-Shabaab et Boko Haram.

Le nouveau rapport renseigne, en outre, que la violence exercée par l'Etat ou l'abus de pouvoir constitue souvent le point de bascule dans la décision de joindre les groupes extrémistes.

"Voyage vers l'extrémisme en Afrique : Les causes, les facteurs incitatifs et le point de bascule au recrutement" présente les résultats d'une étude en Afrique menée par le PNUD sur le recrutement au niveau des groupes extrémistes les plus influents dans le continent.

L'étude dresse un tableau de personnes frustrées, marginalisées et négligées durant leur vie, à commencer depuis leur enfance.

Certains des facteurs conduisant vers l'extrémisme sont, entre autres, le manque de perspectives économiques, ou débouchés pour une activité citoyenne considérable pouvant apporter des changements. D'autres facteurs sont liés au manque de confiance à l'Etat à fournir des services ou à respecter les droits humains.

"Le rapport suggère, qu'un tel individu, qui expérimente ou qui assiste à une répression ou à une violence ou abus de pouvoir mené par un Etat, peut basculer d'un moment ou l'autre dans l'extrémisme", souligne l'étude.

"L'étude tire la sonnette d'alarme en indiquant en tant que région, la vulnérabilité du continent africain à la violence extrémiste est en train de s'approfondir de plus en plus", a souligné le directeur du PNUD en Afrique, Mar Dieye, lors du lancement, ce mercredi, du nouveau rapport au quartier général des Nations Unies.

"Les régions limitrophes et les régions périphériques restent marginalisées et peu prises en compte économiquement. La capacité institutionnelle dans certaines localités aux situations critiques est en train de se rattraper par rapport au niveau de la demande sur place. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté, dont la plupart sont des jeunes sans emploi et vivant dans une pauvreté chronique".

"Faire des prestations de services, renforcer les institutions, créer des chemins qui mènent vers le développement économique- ceux-ci sont des questions de développement", a ajouté M. Dieye avant d'indiquer qu'il y a un besoin urgent de s'adresser à ces causes et facteurs incitatifs qui conduisent souvent les jeunes vers le terrorisme.

L'étude montre également en détail les conditions et les facteurs qui façonnent les dynamiques du processus de recrutement, incitant certains individus à gravir vers l'échelon de l'extrémisme, au moment où la plupart renoncent à cette aventure.

Les participants à cette étude ont été interrogées sur leurs circonstances familiales, y compris leurs enfances et leurs éducations; leurs idéologies religieuses; les facteurs économiques; l'Etat et la citoyenneté; et finalement, sur le "point de bascule" vers l'engagement dans l'extrémisme.

La majorité des recrus par les organisations terroristes sont issus des régions limitrophes et périphériques et ont souffert pendant longtemps de la marginalisation et ont en outre signalé d'avoir été négligé durant leur enfance.

Le rapport a révélé également que la plupart des recrus ont exprimé des frustrations par rapport à leurs situations économiques, et sont souvent à la recherche de l'emploi au moment de s'engager dans les groupes extrémistes. Ils ont aussi fait part dans le rapport de leurs mécontentements envers les gouvernements : 83% pensent que les gouvernements ne servent que les intérêts d'une poignée de personnes, alors que 75% autres n'accordent aucune confiance aux politiciens ou au appareil sécuritaire de l'Etat.

Selon toujours l'étude, le recrutement en Afrique se fait au niveau local par le mode personne par personne, plutôt que sur internet comme c'est le cas dans d'autres régions du monde- mais ce mode de recrutement peut évoluer en raison du développement de la connectivité dans le continent.

Le rapport conclut en révélant que 80% des recrus interrogés ont rejoint les groupes extrémistes après 1 an de prises de contacts et presque la moitié de ces derniers ont rejoint juste après 1 mois de prises de contacts.

Kenya

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