8 Septembre 2017

Madagascar: Ny Fanja Rakotomalala - « L'administration devrait reprendre le traitement des permis miniers après sept ans de gel »

interview

Ny Fanja Rakotomalala, le président de la Chambre des Mines de Madagascar réclame le dialogue permanent et inclusif entre les différents acteurs du secteur.

La Chambre des Mines de Madagascar (CMM) a salué les efforts de l'administration dans la mise en place du « Mining Business Center » (MBC) par le biais du BCMM (Bureau du Cadastre Minier de Madagascar). Ny Fanja Rakotomalala, le président de la CMM apporte son point de vue concernant la création de ce guichet unique dédié au secteur minier. Interview.

Comment la CMM perçoit-elle la création du MBC ?

L'inauguration du « Mining Business Center » (MBC) le 1er septembre dernier ravit les opérateurs du Secteur minier. Cette infrastructure vient conforter la vision de faire du secteur minier un levier de développement de Madagascar. Avec ses 6.600 m² de surface bâtie, le MBC est le premier guichet unique dédié au secteur minier à Madagascar. Par son emplacement et sa structure, cet espace est la plateforme par excellence pour les transactions relatives au secteur minier aussi bien pour les amateurs de pierres que les professionnels et experts du secteur minier.

Les membres de la Chambre ont-ils participé au financement du coût de la construction du MBC ?

Je rappelle tout d'abord que notre Chambre est représentée au conseil d'administration du BCMM. Le MBC est une initiative du Bureau du Cadastre Minier de Madagascar (BCMM). Il représente un investissement de plus de 20 milliards d'Ariary financé uniquement par une partie des frais d'administration minière versés par les opérateurs au BCMM. En effet, pour ne pas se voir retirer leur permis miniers, les détenteurs de permis miniers versent chaque année au BCMM une taxe dénommée Frais d'Administration Minière (FA). Et 60% de ces FA sont alloués au BCMM, le reste est réaffecté aux entités telles que les organismes d'inspection et de contrôle des permis miniers, la cellule environnementale, le Comité National des Mines, l'ANOR (Agence nationale de la filière Or), le Ministère des Mines et les collectivités territoriales décentralisées.

Pour qu'il y ait un retour sur investissement, quel devrait être l'axe prioritaire ?

Selon la Chambre des Mines de Madagascar (CMM), la construction de ce complexe est un pas significatif franchi par Madagascar. Toutefois, pour que le tableau soit complet, l'Administration devrait reprendre dans les meilleurs délais les traitements des permis miniers. Ces sept (07) années de gel auraient dû suffire à l'assainissement du secteur pour éliminer la spéculation. L'ensemble de l'industrie extractive ne devrait plus pâtir de la conduite de quelques acteurs qui ne respectent pas la loi. D'ailleurs, suite à ce blocage, la grande majorité des permis d'exploration est à ce jour périmée. Cela signifie que les opérateurs ne peuvent plus mener des activités d'exploration rendant impossible la distinction entre professionnels et spéculateurs passifs. De plus, Madagascar continue de promouvoir le secteur minier auprès des investisseurs malgré l'absence d'octroi de nouveau permis. Cette incohérence doit désormais être levée. La CMM préconise ainsi le traitement des demandes de permis miniers en instance et l'ouverture du Cadastre Minier dans le respect de la règlementation en vigueur.

Pourriez-vous esquisser quelques perspectives d'avenir ?

La Chambre des Mines de Madagascar partage l'enthousiasme du Gouvernement et de l'Administration minière de faire de ce complexe un instrument puissant d'échange et de partage de bonnes pratiques dédiées au secteur minier. Elle s'attend à ce que cette avancée soit le gage d'un dialogue permanent et inclusif entre les différents acteurs du secteur. En ce sens, nous proposons que le « Mining Business Center » accueille courant novembre la première Conférence Annuelle de la Chambre des Mines de Madagascar. Ce débat d'experts verra la contribution de l'Administration, des représentants de la Société Civile et d'opérateurs miniers ainsi que des spécialistes nationaux et internationaux du secteur minier.

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